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Montréal

Année cruciale pour l’avenir de l’ALENA

TVA Nouvelles et Agence QMI 

La renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) se transportera à Montréal à la fin janvier pour une ronde de négociations qui pourrait s'avérer extrêmement importante pour le futur de l'entente commerciale.

«La session de Montréal sera déterminante. Est-ce que les Américains auront mis de l'eau dans leur vin?», s'est demandé Raymond Chrétien, négociateur du Québec dans le dossier du bois d’œuvre, en entrevue à TVA Nouvelles.

Les dernières discussions entre les négociateurs et politiciens du Canada, des États-Unis et du Mexique montrent que la tâche s'annonce ardue.

«On pourrait avoir affaire encore une fois à un dialogue de sourds ou pas de dialogue du tout», a indiqué Frédérick Gagnon, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand.

Alors que l'incertitude plane sur l'accord, deux visions s'affrontent.

«Je ne suis pas d'accord avec les pessimistes qui croient que c'est la mort de l'ALENA. Je pense qu'il y a de bonnes chances de sauver cette entente, mais on ne connaît pas les intentions ultimes du président [Donald Trump] et de son administration», a affirmé Raymond Chrétien.

«Je suis assez pessimiste parce que j'ai l'impression que l'administration Trump veut vraiment négocier un accord ou c'est l'Amérique d'abord et on ne fera pas de cadeau au Canada», a ajouté Frédérick Gagnon.

Le Canada affirme que les Américains ont présenté des exigences inadmissibles, que ce soit en s'attaquant à la gestion de l'offre en agriculture, au quota de pièces américaines dans les automobiles et au mécanisme de résolution des conflits.

«C'est difficile pour le Canada en ce moment de plier sur certaines de ces questions», a expliqué le chercheur de la Chaire Raoul-Dandurand.

«Il faut laisser l'odieux de la fin de cette entente aux Américains qui nous ont presque traînés de force à cette table. Je pense que le gouvernement canadien joue très bien ses cartes», croit quant à lui le négociateur du Québec dans le dossier du bois d’œuvre.

Cependant, les observateurs s'entendent; plus les négociations s'éternisent, plus Donald Trump aura du mal à déchirer l'accord.

«Plus la négociation tardera à se terminer, plus l'ALENA pourrait devenir un enjeu électoral aux États-Unis en vue des élections de novembre et là, M. Trump serait confronté à des membres de son parti qui dirait: "là, il faut plier"», a résumé Frédérick Gagnon.

Le Canada retient son souffle puisque la valeur des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis s'élèvent à environ 900 milliards $ par année et que 2 millions d'emplois au Canada dépendent du commerce avec les États-Unis.

- D’après les informations de Michelle Lamarche

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