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Politique américaine

Entrez dans les coulisses de la Maison-Blanche

TVA Nouvelles

En tant que seul journaliste canadien accrédité à travailler à la Maison-Blanche, le correspondant de TVA Nouvelles à Washington, Richard Latendresse, vous propose un accès privilégié dans ce centre du pouvoir politique des États-Unis.

Il semble parfois que le monde entier s'est donné rendez-vous à la Maison-Blanche. Mais pour un leader étranger accueilli par le président américain, il y a des centaines de milliers de visiteurs qui doivent se contenter de selfies à l'extérieur de l'édifice.

Washington a reçu en 2016 22 millions de visiteurs, la majorité s'arrêtant un moment devant le 1600 Pennsylvania Avenue, tout à côté des éternels protestataires, pour une photo souvenir.

Sécurité imposante

Il y a eu toujours une préoccupation pour la sécurité autour de la Maison-Blanche. Récemment, toutefois, à cause des gens qui s'approchaient de la clôture et qui sautaient par-dessus pour courir vers la Maison-Blanche, les autorités ont décidé d'ajouter des barrières. L’accès est dorénavant beaucoup plus difficile. Et de l'autre côté, c'est un tout autre monde, ce sont les services secrets qui font la loi.

Une carte spéciale, la «hard pass», permet à notre correspondant de franchir toutes ces clôtures. Cette carte est tellement précieuse qu'il faut des mois d'enquête et de vérifications d'antécédents par les services secrets pour l'obtenir. Quelques dizaines de personnes seulement en détiennent une. Mais même avec cette «hard pass», les contrôles de sécurité sont serrés.

CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES

Il y a des endroits où on ne peut pas aller, par exemple sur le gazon de la Maison-Blanche. On verrait les agents des services secrets sortir d'un peu partout. Il n'y a pas d'affiches, on ne les voit d'ailleurs pas, mais ils sont là à tout surveiller. Comme les francs-tireurs sur le toit de la Maison-Blanche qui s'y trouvent nuit et jour.

Ils sont 4500 agents, en tout, à assurer la protection du président, du vice-président, du Département du Trésor et des représentations étrangères des ambassades ici à Washington. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, ils sont encore plus visibles.

CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES

Travail de proximité

Le président vit à la Maison-Blanche, mais il travaille, tout comme les journalistes qui le suivent dans la «West Wing», l'aile gauche de la Maison-Blanche. L'équipe rapprochée du président, son chef de cabinet, son conseiller à la sécurité nationale et tout son service de presse travaillent dans cette section.

Une cinquantaine de correspondants y ont aussi leurs quartiers, souvent très étroits. Le sous-sol de l'espace de travail des journalistes a des allures de sous-marin, avec chacun son petit espace pour y travailler.

CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES

Des relations parfois tendues avec le gouvernement

Les tensions entre la Maison-Blanche et les journalistes ont toujours existé. Ce qui est différent depuis presque un an, c'est que ce président est ouvertement en guerre contre les médias.

Tous les jours ou presque, Sarah Sanders mène le même combat. Le visage et la voix de cette Maison-Blanche, c'est elle. Avec le président lui-même, ce que dit la secrétaire de presse tient pour version officielle. Rarement plus d'une vingtaine de minutes, les points de presse de la secrétaire de presse du président Trump sont trois fois plus courts que ceux des porte-paroles de Barack Obama. Du coup, les reporters s'arrachent le bras dans l'espoir de pouvoir poser leurs questions.

CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES

Si à travers le pays et à travers le monde, l'élection de Donald Trump à la présidence américaine a été et reste un choc, dans la salle de presse de la Maison-Blanche, c'est une profonde rupture avec des décennies de façons de faire.

Des salles difficilement accessibles

Il y a des coins de la Maison-Blanche qui sont tout simplement inaccessibles. Pour y jeter un œil, il s'agit de sauter sur la chance quand elle passe.

L’accès au deuxième étage de la Maison-Blanche est totalement interdit. Les chambres à coucher, les pièces privées, la fameuse Lincoln Bedroom se trouvent à cet endroit. Le président Trump, au tout début, y vivait seul, jusqu'à ce qu'en juin, à la fin des classes, Melania, la première dame, et Barron, leur fils, viennent le rejoindre.

Le couple présidentiel, à la seule réception des Fêtes offerte à quelques dizaines de journalistes et des proches de l'administration, est justement descendu des appartements privés pour saluer les invités dans le grand foyer, la principale salle d'entrée de la Maison-Blanche.

CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES

En passant sur le même étage tout à côté, on donne parfois rendez-vous aux journalistes dans l'East Room. On y tient les conférences de presse - elles ont été rares sous Donald Trump – ou différentes cérémonies.

Ne se rend pas qui veut non plus dans le Rose Garden, la roseraie de la Maison-Blanche. Les journalistes y ont exceptionnellement accès lorsque, la météo aidant, on y tient les points de presse suivant les rencontres du président avec des dirigeants étrangers. Certains de ces chefs d’État ont droit à un extra: la longue marche sous la colonnade vers le Bureau ovale, le bureau de travail du président.

CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES

D’ailleurs, pour avoir accès au Bureau ovale, il faut d'abord faire preuve de patience. L'équipe de presse envoie d'abord un signal au «pool», comme on appelle le tout petit groupe de correspondants qui suit le président ce jour-là. Quand la porte s'ouvre, il faut savoir jouer du coude et se faire une place.

CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES

En vidéo ci-dessus, voyez l’émission spéciale «Couvrir Trump» avec Richard Latendresse.