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Retraite dorée près du pôle Nord

Après le Sud, elle part vivre avec les Inuits

Caroline Lepage | Agence QMI

Caroline Lepage / Journal de Montréal

Après avoir vendu son commerce de couture, une artiste entrepreneure a fait le plein de soleil dans le Sud sans se douter qu’elle vivrait ensuite une retraite dorée près du pôle Nord.

En 2009, Lise Desrosiers a vendu son commerce de confection et réparation de vêtements, qui lui procure encore aujourd’hui une bonne partie de ses revenus pour vivre.

À la mi-cinquantaine, la femme d’affaires prenait sa retraite pour se consacrer à ce qui la passionne.

«Ce que j’aime dans la vie, c’est créer», partage cette artiste entrepreneure, qui affectionne autant la couture que la peinture.

Mme Desrosiers s’est alors envolée vers la République dominicaine, en 2010. Elle allait suivre une formation avec un réputé professeur de peinture américain.

Avant son départ, elle avait vendu à 10 personnes dans les affaires à Drummondville un tableau qu’elle allait créer sous le soleil. Ils s’étaient tous engagés à lui offrir 500 $ pour leur «œuvre surprise», ce qui a financé son voyage.

Durant cet hiver, elle a aussi enseigné la peinture à de jeunes Français et Espagnols.

Paradis de glace

À son retour, la Drummondvilloise a rencontré Mario Turcotte, un policier à la GRC qui avait tout pour lui plaire, sauf qu’il partait travailler au Nunavut. Quelques semaines plus tard, elle a vendu son auto et est allée le rejoindre.

«Je m’en allais vraiment vers l’inconnu. C’était comme aller vivre sur une autre planète. Pourtant, c’est au Canada !» s’exclame la femme de 63 ans.

Ses proches avaient gagé qu’elle reviendrait rapidement au Québec. Jamais ils n’auraient cru qu’elle y resterait cinq ans.

Le couple a vécu à Chesterfield Inlet et à Resolute Bay, la deuxième municipalité la plus au nord du Canada. Dans ce paradis de glace, la noirceur s’installe en permanence en début d’année et le soleil brille 24 h sur 24 de mai à août.

«On était comme en voyage de noces», illustre-t-elle.Mme Desrosiers a aimé la tranquillité de ce coin de pays, où les ours polaires sont aussi communs que les vaches dans les champs du Québec.

Elle y a fait de la peinture, de la photo et beaucoup de popote.

«On était comme le restaurant de la place», blague celle qui aimait recevoir les collègues de travail.

Son conjoint était l’un des deux policiers fédéraux responsables du détachement. Pour s’occuper, Mme Desrosiers s’est trouvé un emploi comme cuisinière dans un institut pour handicapés.

«On n’aurait pas pu espérer une meilleure vie», exprime-t-elle.

Larecycle

Lorsque les tourtereaux sont revenus au Québec, en 2015, ils ont pu payer comptant leurs voitures et leur nouvelle maison à Saint-Edmond, au Centre-du-Québec.

Mme Desrosiers y a aménagé l’atelier Larecycle dans lequel elle revalorise de vieux tissus pour créer des accessoires originaux, comme des foulards, mitaines, tabliers et toutous.

Lise Desrosiers, 63 ans

Lise Desrosiers n’avait pas rigoureusement planifié financièrement sa retraite, mais la décision de cette travailleuse autonome de diversifier ses sources de revenus a été gagnante.

Ses revenus de retraite

10 % Larecycle

10 % Rentes gouvernementales

40 % Location de l’immeuble qui logeait son ancien commerce

40 % Placements (REER, FTQ, etc.) suivant la vente de son commerce

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