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Tragédie de Lac-Mégantic

Le patron met la faute sur Harding

Caroline Lepage | Agence QMI 

Le contrôleur ferroviaire n’a pas demandé à Tom Harding s’il avait sécurisé correctement son train avant qu’il déraille et explose à Lac-Mégantic parce qu’il vouait une pleine confiance à son collègue de longue date.

Lors de sa plaidoirie vendredi, Me Guy Poupart, qui représente Richard Labrie, l’ex-contrôleur ferroviaire de la MMA accusé de 47 négligences criminelles causant la mort, a indiqué que son client ne pouvait savoir que le conducteur Tom Harding n’avait appliqué que sept freins à main sur le convoi de pétrole.

Sous contrôle

Richard Labrie, qui subit actuellement son procès au palais de justice de Sherbrooke, gérait la circulation ferroviaire dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013, lorsqu’un feu s’est déclaré dans la cheminée du train de pétrole garé à Nantes.

Il a effectué les suivis téléphoniques auprès des individus impliqués, qui lui confirmaient que tout était sous contrôle.

Jamais M. Labrie n’a posé de question au contremaître de la voie ferrée envoyé sur les lieux et au conducteur Tom Harding pour s’assurer que le train était bien sécurisé.

Il s’agit du principal reproche fait à M. Labrie par la Couronne. M. Labrie est coaccusé avec ses ex-collègues Tom Harding et Jean Demaître.

Selon Guy Poupart, Richard Labrie était en droit de tenir pour acquis que le train avait été immobilisé en toute sécurité par Tom Harding.

Il a rappelé que les conducteurs de train ayant défilé à la barre des témoins ont tous assuré qu’ils appliquaient toujours le nombre de freins à main exigé.

La pratique, et encore moins un règlement, n’imposait pas au contrôleur de faire cette vérification, a-t-il rappelé.

Grande confiance

De plus, M. Labrie vouait une grande confiance à Tom Harding, avec qui il travaillait depuis environ 30 ans et qui était reconnu, comme lui, pour être un employé très compétent.

«Il n’avait aucune raison de douter», a plaidé Me Poupart.

Les conversations téléphoniques de M. Labrie, enregistrées et présentées au tribunal, révèlent à quel point il ne pouvait concevoir que le train de la MMA ait «roulé down» et explosé à Mégantic. Il qualifiait d’ailleurs cette nuit incendiaire d’«apocalypse».

Lundi aura lieu la plaidoirie des avocats représentant Thomas Harding.

Le jury pourrait être séquestré dès mardi pour décider du sort des trois accusés.

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