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Tragédie de Lac-Mégantic

La sécurité n'était pas une priorité de la MMA

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

La sécurité n'était pas une priorité au sein de l’entreprise ferroviaire Montreal, Maine and Atlantic (MMA), a affirmé l'avocat du chef de train Thomas Harding, mardi, au procès des trois ex-employés concernant la tragédie de Lac-Mégantic en 2013.

L’imposition d’une seule personne à bord, qui remontait plusieurs mois avant la tragédie, en est un exemple, selon Me Charles Shearson.

À deux sur un convoi, il y a toujours quelqu'un pour te surveiller et éviter que tu ne commettes une erreur, même de bonne foi, a-t-il soutenu dans sa plaidoirie finale.

Même si les convois rallongeaient et qu'ils transportaient des quantités de pétrole de plus en plus importantes, la MMA n'a effectué aucune évaluation du risque de laisser un train sans surveillance au haut de la pente à Nantes. La compagnie, plaide Charles Shearson, n'a émis aucune instruction spécifique ou offert aucune formation particulière à ses mécaniciens de locomotive sur la manière sécuritaire d'immobiliser un train quand on est seul.Autre aspect non négligeable a insisté l'avocat d'Harding, le système de vigilance sur la locomotive 5017 avait été mal configuré.

Par conséquent, quand un incendie a éclaté à bord et que les pompiers ont éteint l'engin, les freins d'urgence auraient dû se déployer automatiquement sur le train, ce qui aurait assuré une force de rétention suffisante pour que le convoi demeure en place pendant plusieurs heures.

Le système a été défaillant et les freins d'urgence n'ont pas fonctionné.

Ce n'est pas la responsabilité de Thomas Harding insiste Me Shearson, il ne pouvait pas le savoir.

À 57 ans, avec une trentaine d'années d'expérience et une réputation de mécanicien de locomotive consciencieux et prudent, M. Harding, s'il avait perçu le moindre risque, ne serait pas demeuré dans sa chambre d'hôtel qui est à cinq minutes en taxi, sans ne rien faire, a mentionné son avocat.

On ne lui a jamais clairement dit que le moteur de la locomotive de tête avait été éteint et ne pouvait pas savoir que les freins d'urgence ne s'étaient pas déployés comme ils auraient dû en pareille circonstance.

Me Charles Shearson était le dernier des avocats à s'adresser aux jurés en poste depuis le 2 octobre.

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