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Coût élevé de la télévision

Le CHUM est l’unique responsable, dit Barrette

Hugo Duchaine et Carl Vaillancourt | Agence QMI

 - Agence QMI

Des élus ont dénoncé mardi la facture de 300 $ par mois à des patients du CHUM pour la télévision dans leur chambre, tandis que le mégahôpital reste muet sur l’argent qu’il en retire.

«J’ai moi-même été surpris de voir les tarifs de ces services. C’est une décision qui est locale et l’établissement a la pleine autonomie de faire de tels choix», s’est défendu le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

«C’est indécent tout simplement. C’est scandaleux de savoir que l’hôpital en tire une source de financement, alors qu’une grande partie des impôts des contribuables paient déjà le système de santé», s’est insurgée la députée caquiste Lise Lavallée.

Pour sa part, le député péquiste Sylvain Pagé a qualifié le système «d’abusif», demandant du même coup au ministre de donner une directive claire aux conseils d’administration des hôpitaux «pour changer ce stratagème».

Mardi, «Le Journal» révélait que le CHUM faisait payer 289 $ par mois pour une télévision, soit le triple de nombreux autres hôpitaux. Avec l’accès internet, lorsqu’il sera disponible, la facture grimpera à près de 400 $ par mois.

C’est l’entreprise Mosino qui a été choisie par le conseil d’administration du mégahôpital pour offrir ce service et elle verse une commission au CHUM.

Pas public

Le CHUM a refusé de dévoiler le montant qu’il recevait de l’entreprise qui loue les téléviseurs. La porte-parole Lucie Dufresne a indiqué par courriel que cette information n’était pas de «nature publique».

Elle a toutefois expliqué que dans les anciens hôpitaux du CHUM, soit Notre-Dame, Saint-Luc et l’Hôtel-Dieu, le contrat était entre la Fondation de l’hôpital et le fournisseur. Avec le nouvel endroit, le contrat est entre le CHUM et son fournisseur.

Le ministre Barrette a suggéré au CHUM de consulter son comité d’usagers quant au prix réclamé aux patients.

La coordonnatrice du comité, Nathalie Larose, a qualifié «d’exorbitant» le prix demandé aux usagers et assure en avoir fait part à la direction. Mais elle a souligné que ce n’est pas le cheval de bataille principal, puisque ce n’est pas un frein à l’accès aux soins.

Le comité des usagers du CHUM milite surtout, a-t-elle poursuivi, contre les tarifs de stationnement à 24 $ par jour.

380 $ à Laval

Du côté de l’Hôpital juif de réadaptation de Laval, on demande près de 380 $ par mois pour une petite télévision et un accès à internet. «En 3 mois, ça m’a coûté le prix d’une grosse télévision neuve. Ça va avoir coûté environ 1140 $, c’est exagéré», a déploré Karole Brouillard, dont le mari Christian Dessalles est en réadaptation depuis le 25 octobre, à la suite d’une opération aux vertèbres cervicales.

Par courriel, un porte-parole du CISSS de Laval dit que l’Hôpital n’en retire aucun profit, puisque l’entreprise responsable du service n’en fait pas non plus.

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