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Tragédie de Lac-Mégantic

Procès des employés de la MMA: début des délibérations du jury jeudi

Jean-François Desbiens

 - Agence QMI

Le sort des trois anciens employés de la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) accusés de négligence criminelle dans la tragédie de Lac-Mégantic est désormais entre les mains du jury au palais de justice de Sherbrooke.

Dès jeudi, le jury aura la lourde tâche de déterminer si Thomas Harding, Richard Labrie et Jean Demaître sont coupables de négligence criminelle ayant causé la mort de 47 personnes à Lac-Mégantic en juillet 2013, lors de l'explosion d'un train de pétrole.

Mercredi, le juge Gaétan Dumas a mis plus de six heures à résumer aux jurés la preuve présentée contre les trois accusés et à livrer ses dernières directives.

Dans le cas de Harding, le mécanicien de locomotive en charge du convoi de pétrole brut, le juge a ouvert la possibilité d'un verdict pour une accusation de moindre gravité. Advenant que le jury détermine qu'il n'a pas fait preuve de négligence, les jurés pourraient estimer qu'il est coupable de conduite dangereuse d'un équipement ferroviaire causant la mort.

Avant le début du procès, le juge a refusé que soit déposé en preuve le rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) rendu public en août 2014. Ce dernier pointait du doigt la MMA et Transport Canada pour le drame survenu à Lac-Mégantic.

Dans son rapport, le BST identifiait 18 facteurs ayant mené à la tragédie. Le retrait d'un seul de ces éléments aurait pu permettre d'éviter le déraillement et l'explosion du train.

Le BST avait aussi souligné que la MMA avait une mauvaise culture en matière de sécurité, qu'elle ne gérait pas efficacement les risques et qu'elle tolérait que ses employés travaillent dans des conditions dangereuses.

On citait aussi dans ce rapport le laxisme de Transport Canada, qui n'effectuait pas assez fréquemment des vérifications après de la MMA, une entreprise qu'elle savait déficiente au niveau de la gestion de la sécurité.

«Les accidents ne sont jamais causés par une seule personne ou un seul geste [...]. Il faut tenir compte de tout le contexte», pouvait-on lire dans le rapport.

La Couronne reproche à Thomas Harding de ne pas avoir mis suffisamment de freins à main sur le train et de s'être fié aux freins à air des locomotives pour maintenir le convoi en place, lorsqu'il s'est arrêté pour la nuit à Nantes, quelques heures avant le drame. Le chef de train n'a pas non plus effectué de test d'efficacité de retenu des freins conformément aux règles en vigueur à l'époque.

La poursuite reproche aussi à Jean Demaître et Richard Labrie de ne pas s'être informés auprès de Harding de la manière dont il avait sécurisé le train et de ne pas avoir envoyé un employé qualifié après l'incendie de la locomotive, afin de s'assurer que la situation était sous contrôle et que le train était immobilisé de façon sécuritaire.

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