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Procès au Saguenay

Combien d'années de prison pour avoir causé la mort de sa conjointe?

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Le Saguenéen Jean-Philippe Blanchette, qui a causé la mort de sa conjointe en août 2014 alors qu'il conduisait avec un taux d'alcoolémie de .142, a dû écouter le témoignage de son ancienne belle-mère, jeudi, au palais de justice de Chicoutimi.

Le 15 août 2014, la Jeep de Blanchette s’était renversée dans un terrain boisé et Kathleen Haché-Binette, son amie de coeur, avait trouvé la mort dans l’accident.

Jeudi matin, la mère de la victime, Francine Haché, a livré un témoignage poignant. «En boisson, on se sent invincible, mais ce n'est pas vrai», a dit au juge la mère de la victime, les larmes aux yeux.

Francine Haché a lu une lettre à Blanchette. «J'ose espérer que dans le futur, tu ne reprendras plus le volant après avoir consommé. Elle ne méritait pas d'être aimée par un homme qui a manqué de jugement et qui a conduit en état d'ébriété», a dit la mère de la victime.

«C'est simplement parce que ma fille semblait être heureuse avec toi que je décide de te pardonner, en espérant que cette fois, tu as compris», a repris la femme venue de Val-d'Or, en Abitibi-Témiscamingue, pour s'adresser au juge Denis Jacques.

«Mais pardonner, ce n'est pas d'oublier. Ce n'est que soulager ma douleur», a-t-elle ajouté.

Ravalant ses sanglots. Francine Haché a conclu en disant: «C'est moi qui aurais dû partir avant. Elle était trop jeune pour mourir».

Par la suite, Jean-Philippe Blanchette a témoigné. «Je comprends ce qu'ils ont dit. Je leur demande pardon. Kathleen était une personne exceptionnelle», a dit Blanchette en réponse aux proches de la victime.

«Il n'y a personne de gagnant. C'est une catastrophe pour tout le monde. Je pense à ça en continu. Je sens que je vais y penser comme ça toute ma vie», a dit Blanchette, qui hésite toutefois à reconnaître que l'alcool a joué un rôle dans la tragédie.

«Il n'y avait pas d'intention de mal faire, de faire de la peine à personne. Ce n'était pas voulu. Je m'en excuse. Je regrette de ne pas être mort. Ce n'est pas moi qui décide. Je ne suis pas mort. J'ai toujours cru que c'était un accident. Avoir su les conséquences, je n'aurais rien pris. Je me souviens de tout. J'avais toutes mes facultés. Je pense sincèrement que l'accident serait arrivé quand même», a-t-il dit.

Blanchette, qui attend un enfant en avril, a dit au juge qu’il aimerait le voir et «être présent pour sa naissance».

Prison

Jean-Philippe Blanchette pourrait passer de 18 mois à cinq ans derrière les barreaux. La défense suggère une peine de 18 mois, alors que le ministère public propose plutôt une sentence se situant entre quatre et cinq ans de pénitencier, assortie d'une interdiction de conduire de 10 ans.

Le juge Denis Jacques rendra sa décision sur la peine vendredi après-midi.

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