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Le Mexique en retrait

ALENA : Le ton monte encore d'un cran entre Ottawa et Washington

Agence QMI 

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Malgré les rumeurs de plus en plus insistantes voulant que les États-Unis se retirent de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), les négociateurs canadiens dans le dossier resteront à la table, à l’écoute, mais fermes.

«Le Canada est préparé à toute éventualité», a assuré la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, jeudi matin, en marge d’une rencontre du cabinet à London, en Ontario.

Comme elle le fait depuis quelques mois déjà, la ministre a répété que le Canada espère le meilleur dénouement possible, tout en se préparant au pire.

Ces propos surviennent à deux semaines de la sixième ronde de pourparlers entourant l’ALENA, qui se tiendra à Montréal du 23 au 28 janvier.

Malgré les informations voulant que l’administration Trump soit sur le point de signifier qu’il souhaite se retirer de l’accord, le fédéral demeurera à la table des négociations, a réitéré Mme Freeland, en insistant toutefois sur la défense des intérêts nationaux.

Le gouvernement a avancé avoir étudié tous les scénarios possibles, sans élaborer sur une éventuelle solution de rechange à l’ALENA.

Pratiques commerciales contestées

Les ministres du cabinet ont minimisé les impacts négatifs qu’aurait à la table de négociations la plainte d’Ottawa déposée devant l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) afin de contester l’imposition de droits compensatoires par les États-Unis dans plusieurs dossiers, dont ceux du bois d’œuvre et de Bombardier.

«Nous serons toujours à la table, mais nous avons aussi besoin de protéger nos industries», a affirmé le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, évoquant l’importance d’envoyer un message aux Américains.

Le gouvernement fédéral a l’appui «sans équivoque» de Québec, a fait savoir la ministre de l’Économie, Dominique Anglade. «On veut maintenir l’ALENA, mais il faut qu’on se tienne debout», a-t-elle martelé.

L’accord dans la tourmente

Une source a indiqué à TVA Nouvelles mercredi que le fédéral s’attendait à recevoir un avis de retrait de la part des États-Unis, ce qui ne signifie pas un retrait formel.

Le président Trump a plusieurs fois menacé de déchirer l’entente de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique depuis son entrée en politique. En vertu de l’ALENA, les parties qui souhaitent se retirer doivent le signifier six mois à l’avance.

En point de presse à la Maison-Blanche, le secrétaire américain au Trésor en a remis une couche jeudi. «Nous nous attendons à ce que l’ALENA soit renégocié, ou nous nous retirerons», a dit Steve Mnuchin sans détour.

Des représentants mexicains, eux, ont confié à l’agence Reuters qu’ils quitteraient carrément les négociations si Washington envoyait un avis de retrait.

De la pression de part et d’autre

«L’administration américaine essaie d’abord de mettre de la pression sur le gouvernement canadien, parce qu’elle voit que le Canada tient tête sur un certain nombre d’enjeux», a commenté le professeur de droit international économique à l’Université Laval, Richard Ouellet, en entrevue à l’émission de Mario Dumont à LCN.

Des différends majeurs subsistent toujours entre les parties à la table, le Canada et le Mexique accusant tous deux les États-Unis d’être trop exigeant dans ses demandes.

Washington demande entre autres l’abolition du système de gestion de l’offre au Canada, la fin du mécanisme de règlement des disputes commerciales de l’ALENA ainsi qu’une augmentation drastique du contenu américain dans le secteur automobile.

En dépit de ces difficultés, le gouvernement canadien mène depuis le début de 2018 une opération de charme auprès des Américains. Plusieurs ministres, dont Chrystia Freeland, ont voyagé au sud de la frontière afin de promouvoir les bienfaits du libre-échange entre les deux pays.

«On rencontre des gouverneurs, des membres de la chambre des représentants et des sénateurs, en espérant que ces gens-là vont finir par faire comprendre à l’administration centrale que ça n’a aucun sens d’arrêter le libre-échange en Amérique du Nord», a analysé le professeur Richard Ouellet.

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