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Procès de 7 hommes arrêtés par l'UPAC

Une photo de Jean Charest présentée en preuve

Kathryne Lamontagne | Agence QMI

COURTOISIE

Une photographie de l’ancien premier ministre Jean Charest a été déposée en preuve au procès pour complot de deux anciens fonctionnaires ainsi que de cinq employés et dirigeants de firmes informatiques arrêtés par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

L’image en noir et blanc avait été dévoilée mercredi, à l’ouverture du procès des sept coaccusés, à qui l’on reproche d’avoir comploté en vue d’obtenir un appel d’offres de 14 M$ lancé par Revenu Québec, dans le cadre d’un projet informatique totalisant 24 M$.

La photographie expose l’homme politique tout sourire aux côtés du cofondateur de la firme informatique EBR, Mohamed El Khayat, accusé dans le présent dossier. Elle faisait partie des quelque 220 autres pièces déposées dans le cadre de ce procès.

Pas impliqué

Jean Charest n’a aucune implication dans cette affaire, a précisé le procureur de la Couronne au dossier, Me Mathieu Longpré, mercredi. La photographie a plutôt pour objectif de « démontrer les traits de caractère » de M. El Khayat. Elle était attachée en pièce jointe dans un courriel envoyé par ce dernier, en janvier 2012.

El Khayat se serait servi du cliché pour montrer qu’il frayait avec des personnes d’intérêt, démontrer les connexions qu’il affirmait avoir auprès de certains fonctionnaires du gouvernement, a précisé le procureur.

Selon la théorie de la Couronne, le dirigeant d’EBR souhaitait à cette époque promouvoir sa capacité à remporter un appel d’offres de Revenu Québec, qui devait être diffusé sous peu. IBM se cherchait justement un partenaire pour s’adjoindre dans le processus, a précisé Me Longpré.

Ordonnance levée

L’avocat Maxime Roy, qui défend l’un des coaccusés dans cette affaire, s’était opposé à la diffusion de l’image. Celui qui représente aussi l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau craignait une éventuelle « dérive » de la part des médias. Jean Charest, rappelons-le, fait l’objet d’une enquête menée par l’UPAC dans le cadre du projet Mâchurer.

Le juge Steve Magnan s’était rangé à ses arguments. Le magistrat a tout d’abord interdit aux médias de faire référence de quelque façon que ce soit à ce cliché, le temps que l’avocat de Jean Charest en prenne connaissance et évalue la situation. Un débat sur la question devait se tenir en début de journée, aujourd’hui. Or, l’ordonnance a finalement été levée en fin de journée, hier, le représentant de Jean Charest ne s’opposant pas à la diffusion de l’image.

Le procès de Mohamed El Khayat et Jean-François Robidas, anciens dirigeants de la défunte entreprise EBR Informatique, de Patrick Fortin, Gilles Gariépy et Daniel Létourneau, trois anciens représentants d’IBM Canada, de Jamal El Khayat, frère de Mohamed et ancien employé de Revenu Québec, ainsi que d’Abdelaziz Younsil, cadre au ministère de la Sécurité publique, se poursuit aujourd’hui.

Arrêtés par l’UPAC

Les sept hommes ont été arrêtés par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en mars 2015, tout comme le huitième coaccusé dans cette affaire, Hamid Iatmanene.

Cet ex-fonctionnaire de Revenu Québec subira un procès séparé, son avocat étant en arrêt de travail pour des raisons de santé jusqu’en avril.

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