/news/law

Coupable d’avoir causé la mort de sa conjointe

30 mois de prison pour Jean-Philippe Blanchette

TVA Nouvelles et Agence QMI

Coupable d'avoir causé la mort de sa conjointe alors qu'il avait un taux alcoolémie de .142, Jean-Philippe Blanchette s'est vu condamner à 30 mois de prison, vendredi au palais de justice de Chicoutimi.

Le juge Denis Jacques de la Cour supérieure a rendu sa sentence à laquelle il a ajouté une interdiction de conduire pendant une période de deux ans à sa sortie de la détention.

L’avocat de Blanchette, Me Luc Tourangeau, avait proposé au tribunal une peine de 18 mois. Le procureur du ministère public, Me Jean-Sébastien Lebel, suggérait une sentence beaucoup plus sévère se situant entre quatre et cinq ans de pénitencier, assortie d’une interdiction de conduire de cinq à dix ans.

«C'est un accident!»

Blanchette avait été reconnu coupable par un jury de 12 citoyens d’avoir conduit son véhicule avec un taux plus élevé que la limite permise causant un accident qui avait occasionné la mort de sa conjointe.

«C’est un accident! Je n’ai jamais voulu ce qui est arrivé», a maintenu le Saguenéen Jean-Philippe Blanchette, hier, pendant les représentations sur la peine qu’il doit recevoir pour avoir causé la mort de sa conjointe en déboulant dans un ravin à bord de sa Jeep, le 15 août 2014.

Dans son témoignage livré au palais de justice de Chicoutimi, il a mentionné qu’il aurait «préféré être mort» à la place de sa conjointe. «Je n’ai jamais voulu cela. On pratiquait une activité qu’on aimait tous les deux», a déclaré le coupable.

Blanchette, âgé de 37 ans, regrette ses décisions, mais assure qu’il ignore toujours ce qui serait arrivé, dans les mêmes circonstances, s’il n’avait pas consommé d’alcool avant de prendre le volant de son Jeep pour faire du hors-sentier, le soir où sa vie a basculé quand sa conjointe, Kathleen Haché-Binette, a perdu la vie.

Revenant sur la chute d’une trentaine de mètres de son véhicule, il a concédé avoir fait le mauvais choix de conduire la nuit en terrain dangereux.

«Avoir su toutes les conséquences, je n’aurais rien fait...»

Blanchette a affirmé avoir pensé «être correct» quand il a pris le volant avec près de deux fois la limite tolérée. «Je n’avais pas l’impression d’être en facultés affaiblies», a-t-il ajouté.

Le juge Denis Jacques de la Cour supérieure doit rendre sa sentence aujourd’hui, à 13 h, au palais de justice de Chicoutimi.

Taux d’alcoolémie

Jean-Philippe Blanchette a été reconnu coupable de conduite avec plus de 80 milligrammes d’alcool par cent millilitres de sang et d’avoir ainsi causé la mort de Kathleen Haché-Binette, qui était alors âgée de 27 ans.

L’accusé affichait un taux d’alcoolémie de 158 mg/100 millilitres de sang, une heure après son arrestation sur le lieu de l’accident qui a causé la mort de sa conjointe. Un deuxième test a révélé un taux de 142 mg/100 millilitres, quelques minutes plus tard.

La famille éplorée parvient tout de même à pardonner

«À cause de toi, je n’ai plus de bébé. À cause de toi, ma petite-fille n’a plus de maman», a exprimé à travers ses larmes Francine Haché, la mère de la victime Kathleen Haché-Binette, qui a laissé une orpheline de quatre ans au lendemain de la sortie mortelle qu’elle a effectuée avec Jean-Philippe Blanchette, lequel doit connaître son sort vendredi.

Dans un témoignage poignant, la mère a exprimé des sentiments partagés à l’égard de Blanchette. «Elle était trop jeune pour partir. C’est moi qui aurais [normalement] dû partir avant elle», a regretté Mme Haché, qui a reproché au chauffard d’avoir pris de mauvaises décisions qui ont coûté la vie à sa fille.

«Elle ne méritait pas d’être aimée par quelqu’un qui a conduit en état d’ébriété», a-t-elle résumé devant le tribunal.

«Soulager ma douleur»

La femme de Val-d’Or ainsi que le grand-père paternel de la petite orpheline, maintenant âgée de huit ans, et un demi-frère de la victime ont pris la parole avec émotion.

Mme Haché accepte toutefois de pardonner au chauffard parce qu’elle sait que sa fille avait été heureuse avec lui pendant les six mois de leur fréquentation.

Elle a cependant émis une réserve à ce pardon en rappelant que «pardonner, ce n’est pas vouloir oublier. Ce n’est que pour soulager ma douleur».

Très affecté

Le grand-père de la petite-fille en deuil a mentionné avoir été très affecté par le décès de la victime et que sa ressemblance avec l’enfant est un rappel quotidien de son absence.

Le moment le plus pénible pour lui, et qui le hante encore aujourd’hui, a été d’annoncer à l’enfant que «sa maman était décédée».

Dans la même catégorie