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Lock-out à Bécancour: les employés d'Alma vont donner leur appui

Jean Houle

 - Agence QMI

Les syndiqués de l'aluminium d'Alma ont l'intention de soutenir les employés de lock-out de l'aluminerie de Bécancour (ABI).

Le Syndicat des Métallos, qui a lui-même traversé un lock-out de six mois en 2012, estime que le conflit de l'ABI pourrait avoir des impacts au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le lock-out a été imposé sans même une reprise des discussions, après le rejet massif des offres patronales. Du déjà-vu pour le syndicat de l'aluminerie d'Alma.

«De voir un membre de notre famille attaqué de la sorte, c'est sûr que ça nous choque», convient le président du syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma, Alexandre Fréchette.

Les syndiqués de Bécancour avaient soutenu leurs confrères d'Alma lors du conflit de six mois. Le Syndicat des Métallos voit maintenant l'occasion de retourner l'ascenseur.

«Nous allons sensibiliser tous les travailleurs de Rio Tinto de la région, qu'ils soient syndiqués ou non», promet Alexandre Fréchette. «Il faut leur expliquer que ce qui se passe à Bécancour, avec les travailleurs en otage, pourrait se répercuter ici lors d'une négociation future.»

Rio Tinto détient 25 % d'ABI, le reste étant détenu par Alcoa. Si l'arrêt de travail se prolongeait à Bécancour, les alumineries du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourraient-elles hériter d'une production accrue?

«C'est à Rio Tinto qu'il faut poser la question», répond le syndicaliste. «Quel est l'intérêt de la partie patronale à décréter un lock-out?»

Le maire d'Alma, Marc Asselin, a refusé de commenter les similitudes entre les deux conflits de travail. L'expérience démontre que le pouvoir d'un maire est pratiquement nul dans un tel cas.

«La frustration est omniprésente», avoue le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis. «Nous n'avons aucun levier pour intervenir, sauf en discuter avec des députés, ministres ou premier ministre, qui eux aussi, ont des pouvoirs limités.»

Selon Alexandre Fréchette, de tels conflits de travail sont néfastes au Québec, alors que ces multinationales sont de plus en plus dirigées à partir de l'étranger.

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