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Cinéma et télévision

Ces 10 femmes qui changent Hollywood

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Hope for Depression Research Foundation Event

Dennis Van Tine/Future Image/WENN.com

Les scandales Weinstein, Spacey, Simmons et autres ont durablement ébranlé Hollywood et mis en évidence que les femmes ne doivent pas que lutter contre le plafond de verre dans l’industrie du divertissement. Loin de baisser les bras, certaines se sont imposées, ont pris la parole ou ont pris des initiatives...

Ashley Judd

Dans l’édition du 5 octobre du «New York Times», c’est une entrevue d’Ashley Judd qui met en lumière les comportements monstrueux d’Harvey Weinstein.

La franchise de l’actrice inspire ses consoeurs et fait boule de neige, les hommes soupçonnés de comportements inappropriés ou illégaux se comptant désormais par dizaines. Le mouvement #MeToo (#MoiAussi), popularisé par Alyssa Milano, permet à des milliers de femmes anonymes de s’exprimer et de partager leurs expériences de harcèlement ou d’abus.

Désignée personnalité de l’année par le magazine «Time» en compagnie des autres briseurs de silence, Ashley Judd a modifié à jamais les pratiques misogynes de l’industrie.

Meryl Streep

En plus d’une carrière débutée il y a 47 ans, Meryl Streep n’a jamais ménagé son temps, ses efforts et son argent pour faire valoir la cause des femmes, y compris à l’extérieur d’Hollywood.

En 2015, elle finance ainsi, avec Oprah Winfrey, un laboratoire d’écriture de scénario pour les femmes scénaristes de plus de 40 ans au sein de l’organisation New York Women in Film & Television.

Depuis plusieurs années, elle agit également comme porte-parole du National Women's History Museum, une association qui demande la construction d’un musée de l’histoire des femmes à Washington D.C. et elle a fait don de son salaire d’un million $ pour «La dame de fer» à cette initiative.

De surcroît, celle qui se dit «humaniste» et «pour un équilibre facile» s’implique dans différentes activités lors de la Journée internationale des droits des femmes.

Cindy Holland

Son nom ne se retrouve peut-être pas dans les gros titres des journaux, mais Cindy Holland, la vice-présidente du contenu original pour Netflix, disposera d’un budget de huit milliards en 2018!

Avec 70 personnes sous ses ordres, c’est elle qui a donné le feu vert à des séries comme «Sense8» (qu’elle a aussi annulée), «13 Reasons Why» et la centaine d’autres émissions du site de diffusion en continu.

C’est aussi elle qui a pris la décision de continuer «House of Cards», son premier grand succès au sein de Netflix, sans Kevin Spacey, actuellement sous enquête de la police.

Son constat sur l’évolution du rôle des femmes? «Il y a eu toute une période, notamment du côté du cinéma, où on pensait qu’il n’y avait de place que pour une ou deux femmes, car elles étaient plus compétitives les unes avec les autres. Je ne sens plus ça du tout», a-t-elle indiqué au «Hollywood Reporter».

Jennifer Lawrence

À seulement 27 ans, elle peut se vanter d’avoir été l’actrice la mieux payée en 2014 et en 2016, ce qui n’est pas étonnant quand on sait que les films dans lesquels elle a joué ont rapporté plus de 5,5 milliards $ au box-office.

Candide, elle s’attaque aux écarts de salaire entre les hommes et les femmes, écrivant en 2015 après avoir appris que ses confrères avaient été mieux payés qu’elle, «j’ai raté ma négociation salariale, parce que j’ai jeté l’éponge trop tôt. Je ne voulais pas continuer à me battre pour des millions dont, honnêtement, grâce à deux franchises, je n’avais pas besoin.»

Kathryn Bigelow

Première et unique réalisatrice à avoir remporté un Oscar – pour «Le démineur» -, Kathryn Bigelow est aussi la productrice et la scénariste de la majorité des films qu’elle met en scène.

Elle n’a de cesse de s’élever contre la discrimination dont sont victimes les femmes cinéastes.

«Hollywood est censé être une communauté de personnes progressistes et pourtant, cette situation terrible perdure pour les réalisatrices. La discrimination sexuelle stigmatise notre industrie tout entière. Un changement est essentiel. Un mécanisme d’embauche sans tenir compte du sexe de la personne derrière la caméra est essentiel», avait-elle écrit dans une lettre ouverte en 2015.

Reese Witherspoon

Après son Oscar de meilleure actrice en 2006 pour «Walk the Line», Reese Witherspoon ne se fait plus rien proposer... à part un rôle particulièrement embarrassant.

«C’était tout simplement atroce. J’ai appelé mon agent et je lui ai dit: «Non, je ne le ferai pas. Qui pourrait bien vouloir de ce rôle?» Il m’a répondu que toutes les actrices à Hollywood le voulaient et j’ai eu une illumination», raconte-t-elle dans les pages de «Vanity Fair».

C’est à ce moment qu’elle décide de fonder sa maison de production, Hello Sunshine, avec Bruna Papandrea («Milk»).

Sa mission? «Créer des opportunités pour les femmes. Je ne vois malheureusement pas assez de femmes comme personnages principaux.»

Le résultat? «Wild», réalisé par Jean-Marc Vallée et dans lequel elle a joué, «Les apparences» de David Fincher et «Sexy et en cavale» d’Anne Fletcher dans lequel elle donne la réplique à Sofía Vergara.

Mais elle ne s’est pas arrêtée en si bon chemin et a développé un projet pour la télévision. La série «Big Little Lies», avec une distribution féminine et réalisée par Jean-Marc Vallée, a été nommée dans six catégories aux Golden Globes.

Patty Jenkins

S’il y a un nom qui est sur toutes les lèvres depuis cet été, c’est celui de Patty Jenkins, réalisatrice du «Wonder Woman» avec Gal Gadot.

Actuellement en préparation du deuxième volet, la cinéaste indique avoir négocié soigneusement son salaire pour le premier film, demandant exactement le même montant qu’un homme dans une situation comparable, c'est-à-dire à la tête d’une super production de 120 millions $.

«Les femmes qui ne sont pas dans un système qui leur permet d’augmenter leur salaire au même rythme qu’un homme ne seront jamais autant payées qu’un homme et cela continuera à l’infini. Il faut le demander pour l’avoir. Je savais que Charlize [Theron] avait été obligée de le demander pour «Blanche-Neige et le chasseur» et je me suis dit qu’il fallait que je le fasse pour ce projet», souligne-t-elle à «Variety».

Kathleen Kennedy

Elle a commencé à titre de secrétaire de Steven Spielberg dans les années 1970.

Pendant le tournage de «Les aventuriers de l’arche perdue», Kathleen Kennedy a tellement impressionné le cinéaste qu’il a décidé d’en faire sa productrice pour «E.T. L’extraterrestre».

En 2012, Kathleen Kennedy a été nommée présidente de LucasFilm et responsable de la franchise «Star Wars».

En 30 ans de carrière, celle que «Vanity Fair» a appelée «la femme la plus puissante de l’industrie» a produit plus de 60 films, récoltés, plus de 120 nominations aux Oscars, et ses films ont rapporté plus de 11 milliards $ au box-office mondial.

Shonda Rhimes

Le nom de Shonda Rhimes est indissociable du petit écran. Femme derrière des séries telles que «Dre Grey, leçons d'anatomie», «Pratique privée» ou «Scandales», elle produit également «How to Get Away with Murder» et plusieurs autres séries diffusées par ABC en plus d’avoir signé une entente avec Netflix.

«Je déteste le mot «diversité», comme s’il était inhabituel de raconter des histoires de femmes, de personnes de couleur ou de personnages LGBT à la télévision. J’ai un mot différent. J’appelle ça de la «normalisation». Je fais de la télévision à l’image du monde», indique-t-elle dans les pages de «Marie Claire».

Kristen Wiig

Rien ne distingue Kristen Wiig de ses consoeurs humoristes jusqu’en 2007.

Judd Apatow la choisit pour «Grossesse surprise» et elle entame alors, avec l’actrice Annie Mumolo, l’écriture du scénario de «Bridesmaids».

Cette comédie de femmes, dans laquelle les femmes se comportent parfois de manière inhabituelle pour Hollywood, dépasse tous les espoirs et engrange 288,4 millions $ en 2011, devenant le film le plus rentable du producteur Judd Apatow.

Le long métrage lance une tendance, celle des comédies féminines irrévérencieuses, dont Melissa McCarthy est la première bénéficiaire.

«Sexy et en cavale» avec Reese Witherspoon s’inscrit dans cette tendance, de même que «La note parfaite» dont le troisième volet a pris l’affiche à Noël ou encore «Cas désespéré» de et avec Amy Schumer.