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Critique

«The Post»: le combat pour la liberté de la presse

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI 

Tom Hanks et Meryl Streep se donnent la réplique dans «The Post», long métrage historique et politique de Steven Spielberg.

Daniel Ellsberg (Matthew Rhys) est employé par la Rand Corporation, une firme de recherche, et a participé à une vaste étude gouvernementale de 7000 pages étudiant l’implication militaire et politique des États-Unis au Vietnam de 1945 à 1971. Ellsberg n’en peut plus d’entendre Robert McNamara (Bruce Greenwood), le secrétaire à la Défense de JFK et du président Johnson, mentir aux médias en affirmant que la guerre du Vietnam peut être gagnée.

Il décide donc de photocopier l’étude, les fameux «Pentagon Papers», et d’en remettre quelques feuillets au journaliste Neil Sheehan du «New York Times». L’histoire se retrouve en première page du quotidien, le gouvernement de Richard Nixon ordonne au journal de cesser toute publication et le «Times» porte l’affaire devant la Cour suprême au nom du premier amendement de la Constitution qui garantit la liberté de parole et celle de la presse.

Parallèlement, le mari de Katharine Graham (Meryl Streep) s’est suicidé. À sa mort, elle récupère le «Washington Post», bien familial dont le père de Katharine n’avait jamais pensé confier les rênes à sa fille... parce que femme. Son éditeur est Ben Bradlee (Tom Hanks) à qui elle demande de donner au «Post» un lustre national, mais sans trop faire de vagues, Katharine étant amie avec le tout Washington et notamment avec Robert McNamara.

Or, l’un des journalistes du «Post» parvient à obtenir d’Ellsberg la totalité des «Pentagon Papers». Reste à Bradlee à convaincre Graham de les publier, malgré le risque de se voir museler par le gouvernement en place.

Le timing choisi par Steven Spielberg pour réaliser et coproduire ce scénario de Liz Hannah et Josh Singer est d’une efficacité redoutable, son message en faveur de l’importance de la liberté de la presse arrivant à point nommé chez nos voisins du Sud. Sans prétendre réinventer la roue, «Les hommes du président» restant la référence en matière de long métrage du genre, le cinéaste offre ici un film solide et fort intéressant.

Mais ce n’est pas le seul attrait de «The Post». Pour tous les amateurs de cinéma américain, c’est un plaisir de voir Meryl Streep et Tom Hanks se donner la réplique pour la première (si, si) fois de leur carrière. Dans ce duel de géants, c’est d’ailleurs l’actrice qui remporte haut la main ce faux combat. Son personnage de Katharine Graham, sans cesse hésitante, doutant constamment de sa valeur parce que femme est fascinant. Complètement métamorphosée, Meryl Streep – et là encore, Steven Spielberg colle à l’actualité – prouve qu’une femme peut et doit affronter l’«establishment» pour défendre des principes de base, indispensables en démocratie.

Note: 4 sur 5

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