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Ruée vers l’or vert

Des dizaines à vouloir travailler dans l'industrie du pot

Annabelle Blais | Agence QMI

 - Agence QMI

De la chocolatière à la retraite au travailleur de la construction en passant par un agronome diplômé de McGill, des gens d’horizons bien différents convergent vers l’industrie du cannabis, où des milliers d’emplois seront à combler.

Le Lift Cannabis Expo, qui se déroule tout le week-end à Vancouver, tenait une foire aux emplois qui a attiré de nombreux visiteurs samedi. Certains parlent ici de ruée vers l’or vert.

Une heure seulement après l’ouverture des portes, Cannabis at Work, l’agence de recrutement entièrement dédiée aux emplois du cannabis, avait reçu une cinquantaine de cv.

Gayle Marles, une jeune retraitée de 60 ans qui habite Toronto, a fait plus de 3000 km pour offrir ses services à une compagnie spécialisée dans les produits comestibles qui seront légalisés, eux, en 2019.

Elle a suivi une formation de chocolatière puis, il y a un an et demi, une amie atteinte de la sclérose en plaques lui a demandé de lui cuisiner du chocolat au pot pour soulager ses douleurs chroniques. Mme Marles a suivi un cours en ligne de l’Université de British Columbia et cuisine depuis son chocolat qu’elle vend uniquement aux personnes souffrantes. «Mes enfants trouvent que c’est drôle que leur mère cuisine avec du cannabis», dit-elle en riant.

Diplômés demandés

Stéphanie Ostrander, coordonnatrice au recrutement chez Cannabis at Work, affirme que le marché des emplois dans l’industrie du cannabis suscite un grand engouement, mais encore faut-il avoir le profil recherché.

«Faire pousser du pot, c’est une chose, mais faire pousser à grande échelle dans un cadre très réglementé exige une formation sérieuse», insiste-t-elle.

Des études en horticulture ou en ingénierie chimique sont un atout. Par exemple, David Bernard Perron détient une maîtrise en Agriculture biologique de l’Université McGill.

«Je n’ai pas étudié en agriculture pour travailler dans l’industrie du cannabis, mais après mes études, je suis parti dans l’Ouest et j’ai eu une opportunité chez un producteur autorisé», dit celui qui occupe aujourd’hui le poste de vice-président aux opérations pour Green Organic Dutchman, un producteur ontarien.

Parmi les métiers en demande, on retrouve des contrôleurs en qualité, des coordonnateurs de médias sociaux et des cultivateurs de cannabis.

Jean-Félix Cloutier, un travailleur de la construction au Québec, a traversé le pays pour en apprendre plus sur les emplois de l’industrie. «Je voudrais surtout ouvrir mon propre dispensaire, je suis plutôt un entrepreneur», dit-il.

Mais au Québec, seul le gouvernement pourra vendre du cannabis. M. Cloutier n’exclut pas la possibilité de déménager dans l’Ouest pour se lancer en affaire. «Il y a beaucoup plus de possibilités dans l’Ouest. Les gens sont beaucoup plus libres d’innover ici.»

Mais Cannabis at Work entend développer des partenariats avec des producteurs québécois et recruter chez nous d’ici un mois.

Quelques chiffres

200: le nombre d’exposants au Lift Cannabis Convention

10 000: le nombre de participants au congrès prévu ce week-end

5: le nombre de kiosques à l’extérieur du Vancouver Convention Centre qui, en marge de l’événement, ont vendu du cannabis (ces vendeurs illégaux mais tolérés par la ville ne participaient pas au Lift Cannabis Expo).

1: on trouvait un fumoir pour ceux qui détiennent une prescription de cannabis médical

86: le nombre de producteurs de cannabis autorisés au Canada

6: le nombre de producteurs autorisés au Québec.

Deux nouveaux producteurs dans la partie nord de la couronne ont d’ailleurs été autorisés vendredi, soit IsoCanMed inc. et Agro-Biotech.

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