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Sous-marin danois

Peter Madsen va être jugé pour le meurtre de la journaliste suédoise

Gaël Branchereau | Agence France-Presse

Génial inventeur doublé d'un pervers sadique? Le Danois Peter Madsen encourt la perpétuité lors de son procès qui se tiendra en mars pour le meurtre de la journaliste suédoise Kim Wall à bord de son sous-marin en août 2017.

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Kim Wall, journaliste indépendante de 30 ans qui avait exercé sur tous les continents et collaboré avec The Guardian et le New York Times, avait embarqué le soir du 10 août près de Copenhague à bord du Nautilus avec Peter Madsen, le concepteur et propriétaire du submersible.

Elle souhaitait faire le portrait de cet ingénieur autodidacte obsédé par la conquête des mers et de l'espace, dont l'enquête a aussi révélé la part d'ombre: son inclination pour les vidéos mettant en scène des décapitations de femmes, et ses accès de violence.

L'accusation soutient que M. Madsen a tué Kim Wall afin de satisfaire un fantasme sexuel, ce qu'il nie farouchement.

M. Madsen, 47 ans, a été secouru le 11 août dans la matinée, avant le naufrage de son bâtiment, qu'il admettra plus tard avoir sabordé. Affirmant avoir débarqué la jeune femme la veille au soir, il a rapidement été soupçonné par les enquêteurs, arrêté et écroué.

Au terme d'intenses recherches des semaines durant dans la baie de Køge séparant le Danemark et la Suède, les plongeurs ont retrouvé le tronc décapité et amputé de Kim Wall, sa tête et ses jambes, et enfin ses bras, la plupart lestés au moyen de pièces métalliques.

Le Danois, qui n'a cessé de changer de version au cours de ses auditions, a depuis avoué avoir démembré et jeté son corps à la mer, mais dément toujours l'avoir tuée intentionnellement.

Il affirme qu'elle est décédée à la suite d'un accident mais dans des circonstances dont la nature a varié au fil des interrogatoires.

L'avocate de M. Madsen n'a pas répondu mardi aux sollicitations de l'AFP.

Il sera jugé à partir du 8 mars pour meurtre, atteinte à l'intégrité d'un cadavre et agression sexuelle, a annoncé dans un communiqué le parquet danois qui entend requérir la réclusion criminelle à perpétuité.

Si l'autopsie n'a pas permis de déterminer les causes de la mort de Kim Wall, «l'homicide a pu être réalisé par égorgement ou strangulation», affirme le parquet, qui plaidera la préméditation.

L'ordonnance de mise en accusation de Peter Madsen doit être publiée à la fin du mois. Le procureur Jakob Buch-Jepsen a demandé aux médias de faire preuve de discernement dans la publication des éléments d'enquête les plus sensibles dans «cette affaire hors du commun et d'une rare violence, aux conséquences tragiques pour Kim Wall et ses proches».

Il est notamment apparu que Peter Madsen, par jeu sexuel ou pour masquer des agressions, avait mutilé les organes génitaux de la victime.

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