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Tragédie de Lac-Mégantic

Huitième journée de délibérations au procès des coaccusés de la MMA

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

Au procès des trois ex-employés de la MMA accusés de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes à Lac-Mégantic en juillet, huit jours n'auront pas suffi aux jurés pour qu'ils parviennent à s'entendre sur un verdict unanime.

L'attente devient lourde à supporter pour Thomas Harding, Richard Labrie et Jean Demaître.

Depuis le début des délibérations, il y a une semaine, les huit hommes et quatre femmes du jury ne se sont manifestés qu'en deux occasions.

Lundi, ils voulaient des précisions sur la notion du doute raisonnable et le concept de la négligence criminelle.

Mardi après-midi, ils déclaraient être dans une impasse, incapables de s'entendre.

Depuis que le juge Gaétan Dumas les a exhortés s'y aller d'un ultime effort, les jurés n'ont donné aucun signe de vie.

Le procès s'est amorcé le 2 octobre avec la présentation de la preuve. La poursuite a fait entendre 31 témoins.

En début de nuit, le 6 juillet 2013, un train de 72 citernes remplies de pétrole brut, laissé sans surveillance sur la voie de circulation à Nantes, s'est mis en mouvement pour partir à la dérive sur une douzaine de kilomètres et dérailler au centre-ville de Lac-Mégantic.

La série d'explosions qui s'en est suivi et le feu avaient détruit plusieurs immeubles et causer la mort de 47 personnes dont la majorité se trouvait entassée dans le Musi-Café.

Le procès des trois accusés avait débuté le 2 octobre dernier.

La poursuite reprochait à Thomas Harding, le mécanicien de locomotive de 57 ans responsable du convoi, de ne pas avoir appliqué suffisamment de freins à main sur le train et de s'être fié aux freins à air des locomotives pour le maintenir en place. La défense avait plaidé que cette façon de faire, de sécuriser un train avec une combinaison des freins à main et des freins indépendants, était courante chez la MMA.

Le conducteur de train n'a pas non plus effectué de test d'efficacité de retenu des freins conformément aux règles en vigueur à l'époque.

Selon la poursuite, quand il a été informé de l'incendie à bord de la locomotive de tête 5017 et du fait que les pompiers avaient éteint le moteur, Harding aurait dû savoir que cela compromettait le fonctionnement des freins à air et retourner à Nantes pour sécuriser le train adéquatement.

À Jean Demaître, directeur de l'exploitation de la défunte MMA et Richard Labrie, contrôleur de la circulation ferroviaire, on reprochait de ne pas s'être informé auprès de Harding de la manière dont il avait sécurisé le train et de ne pas avoir envoyé un employé qualifié après l'incendie de la locomotive, afin de s'assurer que la situation était sous contrôle et que le train était immobilisé se façon à empêcher tout mouvement impromptu.

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