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Un retour aux sources

Du rock sous les chandeliers de cristal du Château Frontenac

Cédric Bélanger | Agence QMI 

Jean-François Desgagnés

Le Château Frontenac a décidé d’ouvrir ses portes au rock and roll. Et pas n’importe où. Dans sa très chic salle de bal, là où les rockeurs pourront côtoyer les chandeliers en cristal et un tapis de grand luxe.

«J’aime le paradoxe», lance le directeur général du plus célèbre hôtel de Québec, Robert Mercure, en parcourant la salle qui a déjà accueilli la revue musicale «Canadian Rock Story» entre Noël et le jour de l’An.

Le 9 février, ce sera au tour des Respectables de faire résonner leurs guitares dans cet espace, capable d’accueillir 500 spectateurs, qu’on croirait plutôt destiné à des récitals de musique classique.

Foi de Robert Mercure, ce n’est qu’un début. L’invasion rock, qui voisinera des concerts d’opéra et de l’OSQ, ne se limitera pas aux festivités du 125e anniversaire du Château Frontenac.

«Je veux que le château soit dynamique et attirant pour toutes les générations. Il ne faut pas se le cacher, les baby-boomers sont des rockeurs. Alors, pourquoi pas?»

«Cette année, poursuit-il, je teste le marché. Jusqu’à maintenant, c’est un grand succès. Je souhaite qu’on soit considéré comme une option quand les artistes visitent Québec.»

Retour aux sources

La musique au Château, ce n’est pas nouveau. De 1933 à 1950, l’établissement comptait même sur son propre orchestre, dirigé par Pierre Marchand. L’ensemble se produisait presque chaque soir.

«Nous avions un jazz club qui était considéré comme un des meilleurs. Radio-Canada faisait des émissions en direct d’ici, le samedi soir, avec un big band», évoque M. Mercure.

«Durant les années 1920, 1930, 1940 et 1950, le Château était la place pour la musique, et on veut retourner à nos racines.»

La préséance aux artistes d’ici

Il y a cinq ans, la musique pop-rock avait déjà fait une brève incursion entre les murs du vénérable établissement quand les Canadiens Colin James et Glass Tiger, notamment, s’y étaient produits en vertu d’un partenariat avec l'étiquette de disques EMI.

En ouvrant de nouveau ses portes à la musique rock, Robert Mercure émet la promesse de soutenir les artistes canadiens et québécois.

«C’est très important», martèle le patron du Château Frontenac, qui ne ferme pas la porte non plus à recevoir des vedettes internationales si des opportunités se présentent.

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