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Acquittement des trois ex-employés de la MMA

La réaction des citoyens de Lac-Mégantic saluée par leur mairesse

Agence QMI

La mairesse de Lac-Mégantic a salué samedi la réaction de ses concitoyens après l’annonce de l’acquittement des trois ex-employés de la MMA accusés de négligence criminelle causant la mort des 47 victimes lors de la tragédie de Lac-Mégantic.

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Vendredi, au terme du procès qui s'est amorcé le 2 octobre, le jury a rendu un verdict de non-culpabilité à l’endroit de Thomas Harding, le conducteur du train de pétrole, de l’ex-contrôleur Richard Labrie, qui gérait la circulation ferroviaire lors de la nuit incendiaire, ainsi que de l’ex-directeur de transport Jean Demaître.

«Les citoyens de Lac-Mégantic ont eu une réaction très mature aux verdicts qui ont été annoncés, a fait savoir la mairesse Julie Morin en entrevue à LCN. Ce qui est arrivé à Lac-Mégantic, ce n’est pas facile et ça continue au quotidien encore. On se souvient de ces personnes qu’on a perdues et on a la grosse cicatrice en plein centre-ville qu’on voit chaque jour.»

Mme Morin s’est réjouie de voir les citoyens qui sont capables de prendre du recul et à ne pas chercher un coupable. «On est en mode solution et c’est ce que je souhaite pour l’avenir», a ajouté la mairesse élue en novembre dernier.

Julie Morin regrette également qu’il y ait eu «beaucoup d’attention sur ce procès qui cherchait des coupables».

Robert Bellefleur, de la Coalition citoyenne engagée pour une sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, s’est dit satisfait des verdicts.

«C’est clair que ça ne ramènera pas les 47 victimes ces verdicts-là. Ça ne soulagera pas toutes les familles. Par contre, ça nous permet d’avoir un peu de réponses à nos questions. Ça nous permet aussi de tourner la page.»

Questions sans réponse

M. Bellefleur estime que certaines questions sont restées sans réponse jusqu’à maintenant. «Qui a organisé et financé le transport de ce pétrole hautement inflammable du Dakota, mais qui a été étiqueté non inflammable et transporté dans des citernes [...] reconnues peu sécuritaires? Qui a permis à la MMA de faire circuler les trains avec un seul employé?»

Selon lui, c’est en «haut lieu qu’on peut retrouver de plus grands responsables».

Tout comme la mairesse de Lac-Mégantic, Robert Bellefleur déplore que rien n’ait changé depuis cette tragédie. «On stationne encore des convois à Nantes, en haut de la pente, au même endroit où est parti le train de la mort», a-t-il précisé.

Voie de contournement et enquête publique

En plus de la voie de contournement réclamée par plusieurs, Robert Bellefleur exige également une enquête publique. «C'est la seule façon d’avoir plus de réponses de l’ensemble des acteurs», a-t-il lancé, précisant qu’elle «permettrait surtout d’éviter d’autres tragédies».

En début de nuit, le 6 juillet 2013, un train de 72 citernes remplies de pétrole brut laissé sans surveillance sur la voie de circulation à Nantes, s'est mis en mouvement pour partir à la dérive sur une douzaine de kilomètres et dérailler au centre-ville de Lac-Mégantic.

Richard Labrie, Jean Demaître et Thomas Harding travaillaient pour la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) lorsque le train chargé de pétrole brut, immobilisé à Nantes, a dévalé la pente et déraillé à 101 km/h au centre-ville de Mégantic, causant de multiples explosions et la mort de 47 personnes.

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