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Taxation à Montréal

Les villes liées en colère demandent l'aide de Québec

Matthieu Payen et Sarah Daoust-Braun

 - Agence QMI

Les maires des quinze villes liées à Montréal sont sortis jeudi pour demander l’aide de Québec dans leur combat contre le budget de Valérie Plante.

«Ça fait 10 ans que les villes liées sont les vaches à lait de l’agglomération, c’est le temps que ça change», a lâché le maire de Beaconsfield, Georges Bourelle.

Quelques minutes plus tôt, le budget de Montréal avait été adopté par une forte majorité, puisque les villes liées qui s’y opposaient ne représentent que 13 % des votes.

Ce budget prévoit une hausse moyenne des contributions des villes de banlieue de 5,3 % pour financer des services communs à toutes les municipalités de l’île montréalaise, comme la police ou les infrastructures de l’eau.

Pour M. Bourelle, la Ville de Montréal aurait pu faire 115 millions $ d’économies dans son budget afin d’éviter la forte hausse des taxes.

Droit de parole

Sans claquer la porte de l’agglomération, les 15 maires déplorent ne pas avoir de droit de parole et ont adressé une lettre au gouvernement en ce sens.

«Nous demandons au ministre des Affaires municipales Martin Coiteux d’entreprendre des mesures de révision des règles de gouvernance et de partage des coûts», a expliqué le maire de Montréal-Ouest et président de l’Association des villes de banlieue, Beny Masella.

«Nous n’avons pas pu nous exprimer au sujet de la Formule E, ni pour les blocs de granit à 4 millions $ sur le mont Royal, ni pour l’illumination du pont [Jacques-Cartier]. Mais on paie pour ça», a pesté M. Bourelle.

Les maires reprochent également à la métropole une «manœuvre irrespectueuse» puisqu’ils n’ont pas été prévenus de la hausse de taxes, ce qui les a obligés à puiser dans leurs réserves pour boucler leur budget. La mairesse Valérie Plante a reconnu qu’il y avait eu des «ratés inacceptables» au chapitre des communications.

«Pas démocratique»

Pour la blogueuse et résidente de l’ouest de l’île Rhonda Massad, qui a organisé deux manifestations contre le budget, cette nouvelle sortie des maires de banlieue est une bonne chose.

«Le système de l’agglomération est mal structuré, ce n’est pas démocratique, a-t-elle dit. J’espère que le ministre Coiteux va réagir.»

Le ministère des Affaires municipales confirme avoir reçu la lettre des maires en colère. Une rencontre devrait avoir lieu prochainement.