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Preissac

Un village hausse ses taxes de 49%

Caroline Lepage

 - Agence QMI

Un village de l’Abitibi a augmenté les taxes de ses commerces de 49% afin d’aller chercher 600 000 dollars de plus des mines d’or. Les deux dépanneurs disent ne pas pouvoir survivre à cette hausse.

Les deux seuls dépanneurs de Preissac, un village de 800 habitants situé entre Rouyn-Noranda et Amos, ont annoncé leur fermeture à cause, disent-ils, de la hausse de taxe municipale de 49% imposée aux commerces en 2018.

«On n’arrive déjà pas», s’exclame Lise Goulet, qui possède le dépanneur 4 Saisons, avec son conjoint.

Depuis l’achat du commerce, il y a trois ans, le couple doit débourser de son propre argent pour faire rouler l’entreprise.

Avec cette hausse, leur compte de taxes grimpera de 2500  à 3700 dollars.

«Ça n’a pas de bon sens», exprime celle qui travaille environ 70 h par semaine.

Si rien ne change, Nathalie Inkel du dépanneur-bistro-bar Manoir des Rapides mettra également la clé dans la porte à la fin de 2018.

Son compte de taxes passera de 4000 à 5800 dollars. Après l’augmentation du salaire minimum à 12 dollars de l’heure et cette hausse de taxes, elle ne pourra boucler le budget, déjà déficitaire certains mois.

20 km pour du lait

Selon Mme Inkel, les habitants devront faire une vingtaine de kilomètres pour acheter du lait ou faire le plein d’essence après la fermeture des deux dépanneurs.

«C’est sans compter nos 20 employés qui vont perdre leur emploi», dénonce-t-elle.

Cette hausse importante des taxes sur les immeubles non résidentiels vise surtout à aller chercher 600 000 dollars de plus chaque année des mines d’or La Ronde et Westwood, qui sont situées sur son territoire. Pour les mines, il s’agit plutôt d’une hausse de 53%.

Selon le directeur général de Preissac, Gérard Pétrin, il s’agit du maximum que la municipalité peut imposer, selon la loi.

En vertu d’une nouvelle règle fiscale, qui découle de la Loi 122, Preissac doit augmenter la taxe des commerces, même si eux ne roulent pas sur l’or.

M. Pétrin constate que les citoyens consomment déjà massivement à Amos et Rouyn-Noranda et que les quelques commerces de Preissac sont précaires.

«Il faut parfois laisser aller les choses», croit celui qui gère une municipalité en très bonne santé financière. Selon lui, la municipalité a beaucoup de projets, comme l’achat d’un camion de pompiers.

Exode

Depuis l’adoption du budget, l’entrepreneur Sébastien Martel remet en question la construction de son garage commercial à cause du taux de taxation, et envisage de vendre sa maison.

Côté industriel, la vice-présidente de Thermodoor, Marilyne Pelchat, trouve exagérée la hausse de taxe d’environ 50% depuis 2016.

L’entreprise veut déménager pour se rapprocher de la main-d’œuvre.

«On ne voit plus d’avantages à être éloigné», dit-elle.

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