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Agressée pendant plusieurs années

Elle pardonne à son père qui lui a fait trois enfants

Simon-Pier Ouellet | Agence QMI

Une femme agressée sexuellement pendant de nombreuses années par son propre père qui lui a fait trois enfants est prête à lui pardonner.

Il y a un an, Jacques Roger Lesage a été condamné à 15 ans de prison après un procès où deux de ses filles ont raconté avoir subi de multiples agressions sexuelles.

Il a poussé l’horreur de l’inceste jusqu’à faire trois enfants à sa propre fille, Lucie Lesage, ce qui explique son surnom de père-grand-père de Val-des-Monts, un village de l’Outaouais.

Un an plus tard, la dame de 54 ans est prête à pardonner à son père et encourage toutes les femmes à dénoncer leur agresseur puisque ça lui a fait du bien.

«Je ne veux pas vivre avec une haine et une colère qui sont des sentiments négatifs qui t’empêchent d’avancer. Ce n’est pas ce que je veux et pour continuer, c’est important de dire je pardonne», affirme sans hésiter Lucie Lesage.

L’homme de 80 ans a fait vivre un véritable calvaire sexuel à Lucie et à sa sœur Nathalie. Le jury l’avait trouvé coupable de 4 des 6 chefs d’accusations qui pesaient contre lui.

Les agressions ont débuté au début des années 1970 et Lucie Lesage est tombée enceinte de son père une première fois lorsqu’elle n’était âgée que de 13 ans.

Au total, son père lui aura fait trois enfants.

«C’est sûr qu’il y a des séquelles qui ne partiront pas du jour au lendemain, mais ma situation ne se compare pas à il y a un an», a-t-elle dit.

Une nouvelle femme

En janvier 2017, Lucie Lesage avait pris la barre des témoins pour raconter tous les sévices qu’elle avait subis. Les agressions répétées de son père se sont échelonnées pendant plus de 30 ans.

La dernière agression est survenue le jour des funérailles de sa mère en 2004. Elle a décidé de tout raconter à la police 10 ans plus tard en 2014.

Au terme de son procès douloureux, Lucie Lesage affirme qu’elle a retrouvé le goût de vivre et qu’elle met beaucoup d’efforts pour se reconstruire.

«Je consulte une psychologue et je suis aussi une thérapie. Même si la reconstruction est commencée, ce n’est pas terminé. Mais je suis une nouvelle Lucie», dit la femme.

Mme Lesage est fière du chemin qu’elle a parcouru.

«Il y a un an, c’était comme si la vie n’avait pas de valeur. J’aurais préféré mourir. Mais aujourd’hui, je veux vivre et à pleines dents à part ça», s’exclame-t-elle.

Dénoncer

Le processus judiciaire, bien que difficile, a été libérateur pour la dame. Elle invite toutes les victimes d’agressions sexuelles à dénoncer leur agresseur.

«N’hésitez pas ! Dénoncer à une personne ou à la police, ce sont des gens extraordinaires. Dénoncer, ç'a été le plus beau cadeau que j’ai pu me faire», conclut Lucie Lesage.

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