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Tuerie de la mosquée

Labeaume à l’écoute des maires de Las Vegas et Orlando

Stéphanie Martin

 - Agence QMI

Un an après l’attaque de la mosquée, Québec n’a pas encore fait son deuil, selon le maire Labeaume. Jeudi à Washington, il était attentif aux paroles de ses homologues d’Orlando et de Las Vegas, qui ont aussi vécu l’horreur.

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Pour sa première visite à Washington en tant que maire de Québec, Régis Labeaume a eu une journée chargée jeudi. La question de la tuerie a occupé une grande partie de ses échanges dans le cadre de la US Conference of Mayors. C’est en partie en raison de cet événement tragique survenu en janvier dernier qu’il y a été convié.

Plaies encore vives

À Québec, les plaies sont encore vives, dit-il. «Ç’a été difficile de travailler avec la communauté musulmane dans la dernière année parce qu’ils ont peur, ils sont en détresse. Le deuil va se faire à partir de la commémoration d’en fin de semaine. Maintenant, j’ai la tâche et la responsabilité de recoller les morceaux.» Et cela passe, selon lui, par la découverte de l’autre, particulièrement au plan culturel.

Se relever après une tuerie, c’est le défi auquel doivent s’atteler les maires des communautés qui en ont été victimes.

Le maire a d’ailleurs assisté à une conférence de la mairesse de Las Vegas, Carolyn Goodman, qui vient de vivre la pire fusillade de l’histoire des États-Unis, en octobre, alors qu’un tireur a ouvert le feu sur les spectateurs lors d’un festival de musique country, faisant 58 morts.

Il a aussi rencontré Buddy Dyer, maire d’Orlando, où un tueur a abattu 49 personnes dans une boîte de nuit LGBT en 2016. Celui-ci martèle que «la lumière doit toujours l’emporter sur la noirceur». «Dès le début, nous avons établi que nous n’allions pas nous laisser définir par l’acte barbare, mais par la réponse à cet acte. Et nous avons répondu par l’amour, la compassion et l’humanité», a exprimé M. Dyer, en entrevue au Journal.

La tragédie a malgré tout «changé la communauté pour le mieux», témoigne-t-il. «Deux jours après la tuerie, nous avons tenu une cérémonie dans une église baptiste ultraconservatrice. Et plusieurs pasteurs nous ont dit que cela leur avait ouvert les yeux sur la souffrance de la communauté LGBT. C’est un énorme changement.»

Miser sur la prévention

Orlando mise désormais sur la prévention et a mis en place un système pour détecter les signes de radicalisation chez certains individus. «Cela arrivera encore», a laissé tomber Carolyn Goodman. «Pour moi, tout est dans la préparation, la formation et l’entraînement. Parce que quelque part, dans ce pays, un individu malade est en train de se demander comment il peut en abattre 59.»

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