/regional/outaouais

Inceste

Pardon au «père-grand-père» : un expert analyse la décision de Lucie Lesage

TVA Nouvelles

Lucie Lesage, agressée sexuellement par son propre père qui lui a fait trois enfants, s’est avouée prête à lui pardonner un an après sa condamnation. Un expert explique ce qui peut mener une victime comme elle à prendre une telle décision.

À LIRE ÉGALEMENT | Elle pardonne à son père qui lui a fait trois enfants

«Il ne mérite pas le pardon, mais si elle veut lui pardonner c’est son affaire», juge Hubert Van Gijseghem, expert psycholégal.

«Les voies de la réparation pour les victimes prennent quelques fois d’étranges façons de s’exprimer. Chez certains, la rage et la haine sont réparatrices. Chez d’autres, c’est le pardon», ajoute-t-il.

«Actuellement, elle a peut-être tout simplement les moyens psychologiques pour passer au pardon et tourner la page», précise Hubert Van Gijseghem au sujet de la femme de Val-des-Monts, en Outaouais.

«Je ne veux pas vivre avec une haine et une colère qui sont des sentiments négatifs qui t’empêchent d’avancer. Ce n’est pas ce que je veux et pour continuer, c’est important de dire je pardonne», a affirmé la femme de 54 ans pour expliquer son choix, qui encourage aussi toutes les femmes à dénoncer leur agresseur puisque ça lui a fait du bien.

L’inceste : un paquet d’émotions

Hubert Van Gijseghem ajoute aussi que la relation qu’entretenait Lucie Lesage avec son père était probablement d’une grande complexité : «il ne faut pas oublier que l’inceste n’est pas la même chose qu’un abus sexuel extra familial».

« Il y a là un paquet d’émotions et de relations très intriquées d’amour, de haine, de dégoût, de dépendance, de plaisir, d’attachement, de privilège et de dépression. Comment voulez-vous démêler ça?»

«C’est très difficile à dévoiler et on ne sait pas ce que la victime va faire avec son paquet d’émotions, avec ce faisceau multicolore dont est fait l’inceste.»

Selon l’expert, plusieurs études démontrent aussi que l’inceste entraîne beaucoup plus de séquelles physiques et psychologiques qu’un abus sexuel extra familial, incluant celui commis par un «mononcle» ou un cousin.

«Cette femme a eu une relation complexe pendant 30 ans, c’est une vie [...] il n’y avait plus là quelque chose d’uniquement noir ou blanc», conclut-il.

Dans la même catégorie