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Tuerie à la mosquée de Québec

Un réveil brutal pour l’Amérique

Stéphanie Martin | Agence QMI

Rebecca Skellett est directrice du Strong Cities Network, une organisation indépendante mise en place en 2015 par les Nations Unies pour contrecarrer «l’extrémisme violent»

Stéphanie Martin

Rebecca Skellett est directrice du Strong Cities Network, une organisation indépendante mise en place en 2015 par les Nations Unies pour contrecarrer «l’extrémisme violent»

L’attaque à la Mosquée de Québec a sonné un «réveil brutal» à la grandeur de l’Amérique, affirme la représentante d’un réseau mis en place par l’ONU pour lutter contre le terrorisme.

Rebecca Skellett est directrice du Strong Cities Network, une organisation indépendante mise en place en 2015 par les Nations Unies pour contrecarrer «l’extrémisme violent» et qui regroupe maintenant plus de 120 villes dans le monde.

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Vendredi, le maire de Québec a eu l’occasion d’assister à une présentation de Mme Skellett et de représentants du département d’État américain, lors de sa mission à Washington. En entrevue au «Journal de Québec», qui a eu accès à cette rencontre, Mme Skellett a discuté du cas de Québec.

«La tuerie de la mosquée a eu l’effet d’un énorme réveil brutal dans toute l’Amérique. Parce que c’était une attaque coordonnée qui a tué des gens innocents et qui est inspirée par la montée et la résurgence du néonazi au niveau mondial.»

L’extrême droite s’organise comme jamais auparavant, explique-t-elle, et les pays et les villes doivent commencer à s’en occuper.

Un cas à part

«Je l’ai toujours dit, notre cas est tellement différent de tout ce qui existe, a réagi le maire, Régis Labeaume. Je ne savais pas que c’était à ce point-là. Mais je ne suis pas surpris que Mme Skellett dise ça. Notre modèle est différent.»

Le maire a choisi de se concentrer sur le vivre ensemble et la lutte au racisme, plutôt que sur la prévention de la radicalisation.

La Ville de Québec se joindra ainsi au Strong Cities Network, a annoncé vendredi le maire. «Avec eux autres, peut-être qu’on va être capable de trouver les bonnes solutions qui vont être applicables dans notre communauté.»

Déjà, le maire a laissé entendre qu’il veut se concentrer sur la prévention auprès des jeunes. Une bonne stratégie, lui ont répondu en chœur les spécialistes auxquels il a posé ses questions, vendredi.

«C’est sage de miser sur la nouvelle génération», a commenté Mehreen Farooq, de WORDE, un organisme à but non lucratif qui aide les communautés à mieux vivre ensemble.

Les politiciens ont tendance à vouloir agir immédiatement après une attaque, dit Mme Skellett. «C’est exactement le genre de réaction qui donne des mauvaises décisions. La meilleure chose à faire est de prendre un pas de recul et de se dire : c’est un seul homme. Regardons ce que ça nous dit à propos d’autres personnes comme lui à Québec. Est-ce qu’il y a un "pattern" ou est-ce l’œuvre d’un solitaire?»

Investir dans la recherche

Vendredi, les représentants du département d’État américain et du département de la Sécurité intérieure ont invité les maires canadiens et britanniques présents à la réunion à investir dans la recherche pour bien comprendre les problèmes qui affectent leurs communautés. Et ce, avant de se lancer dans des actions qui pourraient être contre-productives.

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