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Printemps érable

Émeute de 2012 à Victoriaville: un policier a manqué de discernement

Catherine Montambeault | Agence QMI

Un policier de la Sûreté du Québec vient d’être blâmé pour ne pas avoir utilisé son arme d’impact avec prudence lors de l’émeute survenue en plein «printemps érable» à Victoriaville, blessant du même coup trois manifestants.

Dans une décision rendue lundi, le Comité de déontologie a conclu que l’agent Denis Burelle était «dépassé par les événements» et qu’il avait contrevenu aux règles qu’il devait suivre lors de la manifestation du 4 mai 2012.

Ce jour-là, des centaines de manifestants s’étaient rendus devant le centre de congrès de Victoriaville, où se réunissait le Parti libéral, pour protester contre la hausse des frais de scolarité. Le rassemblement s’était vite transformé en émeute.

Viser le bas du corps

Denis Burelle faisait partie des six policiers équipés d’armes d’impact projetant des balles de plastique, aussi appelées bâtons cinétiques, à une vitesse pouvant atteindre 266 km/h.

Ce type d’armes est utilisé pour «empêcher un individu d’accomplir tout geste ou manœuvre de nature à causer des blessures graves et immédiates à un policier ou à un citoyen», précise le Comité. Lorsqu’un agent y a recours, il doit éviter de viser certaines parties du corps, dont la tête et la colonne cervicale, sans quoi les projectiles peuvent être mortels.

Or, les tirs de l’agent Burelle ont atteint deux manifestants à la tête et une autre au bras, indique la décision.

Fractures et commotion

Alexandre Allard, un étudiant de l’Université Laval, a subi une fracture du crâne et une double commotion cérébrale. Il est désormais partiellement sourd de l’oreille gauche.

L’étudiante Dominique Laliberté-Martineau a eu une double fracture de la mâchoire et Magali Paquin, étudiante au doctorat, a été blessée à l’avant-bras.

«[Les trois étudiants] n’étaient aucunement menaçants pour les policiers», a tranché le Comité en précisant qu’ils n’avaient rien dans les mains et n’avaient lancé aucun projectile.

Le Comité tiendra prochainement une audition afin de déterminer la sanction qui sera imposée au policier Denis Burelle.

M. Allard et Mme Laliberté-Martineau n’ont pas souhaité accorder d’entrevue à ce sujet, et Le Journal n’a pas réussi à joindre Mme Paquin lundi.

La SQ a refusé de commenter.

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