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CSeries

La vente à Airbus était «inévitable», dit Anglade

Philippe Orfali | Agence QMI

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Litige commercial avec Boeing ou non, il était carrément «inévitable» que Bombardier finisse par céder son programme d’avion CSeries à l’européenne Airbus, s’est défendu lundi Dominique Anglade, la ministre de l’Économie du Québec.

Le Québec, l’un des principaux actionnaires du programme d’aéronefs, s’attendait dès le début de sa participation à ce que Bombardier ait à aller voir ailleurs pour assurer la survie du CSeries, a-t-elle soutenu.

Québec a investi 1 milliard $ US dans la Société en commandite Avions CSeries en 2014. À l’époque, le gouvernement détenait 49,5% du programme, une part qui a chuté à 38%, puis 37%, lorsque Bombardier a cédé pour 0$ la majorité du programme CSeries à Airbus, en octobre.

Cette transaction survenait alors que Bombardier était sur le point de se faire imposer une surtaxe de près de 300 % sur chaque avion CSeries vendu aux États-Unis. Mais dans une décision unanime, vendredi dernier, le département américain du Commerce (DOC) a renversé ce verdict, qui découlait d’une plainte placée par Boeing contre l’entreprise québécoise.

Était-ce donc une erreur de vendre le CSeries à Airbus? «Absolument pas. Je ne pourrais être plus claire. [...] Il fallait absolument un 3e joueur pour nous permettre d’aller chercher de nouvelles commandes d’avion. C’est arrivé grâce à l’entente avec Airbus», a dit Mme Anglade.

En effet, Bombardier n’avait vendu aucun CSeries depuis plus d’un an lorsqu'Airbus a volé à sa rescousse, en plein conflit avec Boeing.

«Il n’y avait pas d’autres options [que de céder la majorité du programme à Airbus], a-t-elle ajouté. Quand on a présenté l’entente avec Airbus, pour avoir regardé toutes les options sur la table, c’était inévitable.»

Cette entente prévoit notamment la construction d’une usine CSeries en Alabama, ce qui signifie que celle de Mirabel demeurera ouverte, mais qu’elle n’alimentera pas les clients américains du programme CSeries. À l’avenir, celui-ci portera d’ailleurs le nom d’Airbus, et non celui de Bombardier.

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