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Ottawa

Une rentrée parlementaire sous le signe du harcèlement

Maxime Huard | Agence QMI

La rentrée politique s’est faite sur fond de scandales d’inconduites sexuelles, lundi à Ottawa, le gouvernement reconnaissant que le Parlement faisait face à une crise.

«Clairement, il y a une crise dans notre environnement de travail et elle dure depuis trop longtemps», a déploré la ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, lors d’un point de presse en marge des débats sur le projet de loi C-65.

Déposée en novembre, la législation vise à soumettre tous les milieux de travail fédéraux, dont le Parlement, à une seule et même politique en matière de harcèlement.

La ministre a reconnu que le Parlement, où beaucoup d’hommes en position d’autorité côtoient de jeunes employées dans une situation précaire, est propice aux comportements inappropriés et qu’il fallait y mettre fin.

Un comportement dégoûtant

Intervenant au sujet de C-65, la députée conservatrice Michelle Rempel a prédit en Chambre que les scandales d’inconduite finiraient par s’étendre à tous les milieux qui gravitent autour du Parlement: la tribune de la presse, les corps diplomatiques, les cercles de lobbyistes, etc.

Dans un discours enflammé, elle a qualifié de «dégoûtantes» les histoires d’abus révélées dans les dernières semaines, dont celle de l’ancien député Rick Dykstra qui a éclaboussé les conservateurs lundi.

M. Dykstra a dû quitter ses fonctions de président du parti progressiste-conservateur de l’Ontario, dimanche soir, après qu’une ex-employée du Parti conservateur fédéral l’ait accusé, dans un article du «Maclean’s», d’une agression sexuelle survenue en 2014.

Les députés conservateurs croisés aux Communes lundi ont tous dit que la décision prise à l’époque de laisser M. Dykstra se porter candidat aux dernières élections générales ne se reproduirait pas aujourd’hui.

«Si le Parti était mis au courant d'une allégation d'agression sexuelle aujourd'hui, la personne en cause serait immédiatement rejetée [...] jusqu'à la fin d'une enquête», a fait savoir le chef Andrew Scheer.

Rentrée mouvementée

De leur côté, les libéraux ont continué de serrer les rangs derrière leur chef lundi, défendant sa décision de ne pas exclure du caucus leur collègue Kent Hehr. Il a démissionné de son poste de ministre des Sports, jeudi dernier, à la suite d’allégations d’inconduite.

Le retour aux Communes n’a pas non plus été de tout repos pour le premier ministre Justin Trudeau, qui a essuyé un barrage de questions de l’opposition officielle au sujet de son séjour sur l’île privée de l’Aga Khan à la fin 2016. Un rapport accablant de la commissaire à l’éthique a conclu en décembre que le voyage contrevenait à la Loi sur les conflits d’intérêts.

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