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Québec présente sa stratégie

Fin de la chasse au caribou: 16 millions pour démanteler les pourvoiries du nord

Charles Lecavalier | Agence QMI

VOY-SECRETS-NUNAVIK

FRÉDÉRIQUE SAUVÉE / AGENCE QMI

La piste de la chasse au loup s’est refroidie et ne sauvera pas les pourvoiries du nord, alors que Québec annonce près de 16 M$ pour démanteler les installations abandonnées avec la fin de la chasse au caribou.

Le gouvernement Couillard a présenté mardi sa «stratégie visant la vitalité et la mise en valeur du patrimoine nordique», qui vient essentiellement «démanteler les quelque 200 camps [de chasse] mobiles en place» sur le territoire nordique. Sur les 16 millions budgétés, moins de 2 %, soit 300 000 $, sont consacrés à la diversification économique pour aider les pourvoiries qui tenteront de survivre.

«Ça marque la fin d'une étape, d'une grande époque du tourisme nordique», a lancé Marc Plourde, PDG de la Fédération des pourvoiries du Québec lors du point de presse.

La diminution importante du nombre de têtes dans le troupeau de caribou de la rivière aux Feuilles, qui est passé de 430 000 en 2011 à 199 000 en 2016, a forcé le gouvernement à décréter un moratoire sur la chasse de ce mammifère migrateur, semant le doute sur la survie des pourvoiries du nord.

Pourtant en mars dernier, le ministre de la Faune Luc Blanchet avait encore espoir. En entrevue avec Notre Bureau parlementaire, il affirmait vouloir permettre la chasse au loup dans le Grand Nord pour attirer les touristes après l’entrée en vigueur cette année du moratoire sur la chasse au caribou. Le dossier n’a pas vraiment avancé depuis, car «la question est plus complexe qu'on pense», a-t-il admis en conférence de presse.

M. Plourde croit de son côté que de toute façon, la chasse au loup «est très marginale» et n’aura «jamais le volume de clients que le caribou pouvait générer». «Le transport, dans le Nord, ça nécessite un certain volume de client, là, pour soutenir l'infrastructure. Ce n'est pas une activité qu'on cible à court terme», a-t-il expliqué.

M. Plourde estime que les seules pourvoiries qui pourront s’en sortir sont celles qui se trouvent à proximité de cours d’eau ou de lacs. Elles pourront offrir des forfaits de pêche. L’industrie de la motoneige pourrait être sollicitée. Sur 13 installations toujours en activité, près de la moitié fermeront leur porte, croit-il.

Le plan de démantèlement pourra par ailleurs donner un peu d’oxygène aux entreprises de transport qui opèrent sur le territoire nordique. Le nettoyage sera réalisé par les pourvoyeurs, mais aussi par les communautés inuite et naskapie, qui obtiennent 5 millions $.