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Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville

La jalousie d’un policier lui vaut une accusation criminelle

Claudia Berthiaume

 - Agence QMI

Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin

Amoureux d’une suspecte, un enquêteur de la Rive-Nord aurait fait des recherches dans l’ordinateur de la police sur un autre homme que la dame fréquentait. Une montée de jalousie qui lui a valu une accusation criminelle.

À l’été 2014, le sergent-détective Réal Lemay aurait entretenu une relation interdite avec Nancy Asselin, une femme qu’il avait arrêtée sur les lieux d’une plantation de pot, à Boisbriand.

Le policier de 46 ans, qui subit actuellement son procès pour abus de confiance et utilisation frauduleuse d’un ordinateur, lui aurait fourni des informations sur l’enquête la concernant ainsi que sur d’autres projets sur lesquels il travaillait.

L’enquêteur de la Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville et la suspecte se sont échangé plus de 2000 textos et photos entre mai et octobre 2014. Ils se sont aussi vus à plusieurs reprises sur les heures de travail de M. Lemay, car ce dernier était en couple.

Les deux amants discutaient du dossier de Mme Asselin, ils prenaient un verre et ils avaient des relations sexuelles.

Réal Lemay et Nancy Asselin avaient une grande attirance physique l’un pour l’autre, d’après leurs textos souvent très crus dont Le Journal a obtenu copie.

Nancy Asselin

Photo PIERRE-PAUL POULIN

 

Amoureux

Leur relation semble ensuite avoir évolué. « L’affaire, c’est que moi je suis en train de tomber amoureuse de toi à 100 milles à l’heure et je sais très bien que je vais drette dans un mur [sic] », lui a écrit Mme Asselin, fin août 2014.

« C’est un peu ce que je voulais écrire... mais j’ose pas utiliser ce mot... Mais moi j’ai pas de mur [sic] », a répondu M. Lemay.

Le policier ne semblait pas très enchanté d’apprendre, quelques jours plus tard, que sa « belle Nancy » voyait un autre homme.

« Il posait un peu trop de questions. On dirait de la jalousie, ça ne faisait pas son affaire », a témoigné la femme de 43 ans, lundi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Jalousie

Un soir où Mme Asselin était avec cet autre homme, l’enquêteur Lemay s’est rendu chez elle pour lui laisser un sac cadeau devant sa voiture. Il a pris en note la plaque d’immatriculation de l’homme, et aurait fait des recherches au Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ) dès le lendemain.

Le sergent-détective aurait aussi consulté la page Facebook de l’homme sur ses heures de travail. « Je suis pas de taille avec tout cela... [sic] », a-t-il ensuite écrit à la dame par courriel.

La relation s’est terminée quand Mme Asselin a déménagé dans une autre ville. Les accusations qui pesaient contre elle ont été abandonnées, Réal Lemay a été accusé et congédié au printemps 2015.

Extraits de textos

Lui : « Coucou... madame qui se décrit comme une cochonne. »

Elle : « Je te ferai remarquer que tu t’es décrit aussi comme ça... Pis quoi... Tu n’as pas aimé hier ? »

Lui : « Ooooh que oui... J’avais [les] jambes molles... »

Lui : « Moi pis toi c’est chimique je crois... je [ne] sais pas pourquoi... On est pareil un peu [...] je deviens gaga quand je te vois. »

Elle : « Je sais que c’est chimique nous deux !! J’ai capoté sur toi dès que je t’ai vu en interrogatoire. »

Lui : « Ok... procureur ouvert aux négociations avec toi [ton avocate]... Elle a dit ‘‘je [ne] frapperai pas sur le clou’’. Elle trouve que tu as déjà payé pas mal. »

Elle : « Ça veux-tu dire que je [ne] passerai pas en cour ? Ils vont négocier hors cour ? »

Lui : « Ça veut dire que [tu] plaides non coupable pis ensuite négociation. »

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