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Chronique de Guy Fournier

TVA Sports et RDS sont incontournables

Guy Fournier | Journal de Montréal

archives, Martin Chevalier

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Guy Fournier est revenu dans sa chronique dans le Journal de Montréal mardi matin sur la décision du CRTC prise en arbitrage, dans laquelle il a été décidé que TVA Sports n'aura pas droit à des redevances semblables à celles de RDS de la part de Bell.

Si on vous obligeait à choisir un seul réseau de sports, votre préférence irait-elle à RDS ou à TVA Sports ? Pour le véritable amateur de sports que je suis, se priver de TVA Sports est impossible à moins de dire adieu à la super soirée LNH, au tennis de la Coupe Rogers, à l’Impact, au soccer de la Ligue majeure ou au hockey de la Coupe du monde.

Avec leurs trois chaînes chacun, les deux réseaux sont des incontournables.

Mais pas tout à fait, semble-t-il, aux yeux du CRTC, et encore moins aux yeux de Bell Média, propriétaire de RDS. Pour diffuser TVA Sports, Bell ne veut pas payer des redevances semblables à celles qu’elle s’accorde pour RDS. Pourtant, si mes renseignements sont exacts, Cogeco et les autres distributeurs paient pour TVA Sports les mêmes redevances que pour RDS.

Quand un diffuseur est mécontent des redevances que lui accorde un distributeur et qu’il n’arrive pas à s’entendre avec lui, il peut demander l’arbitrage du CRTC. C’est ce qu’a fait Québecor Média en septembre, ne voulant pas accepter le prix de Bell Média pour TVA Sports.

QUÉBECOR DOIT CASQUER

Québecor Média cherche évidemment le meilleur prix possible pour des chaînes qui lui coûtent un bras. Depuis cinq ans que TVA Sports est en onde, Québecor a dû casquer un déficit de 131,4 millions $.

Rogers a payé 5,2 milliards $ les droits du hockey de la Ligue nationale pour 12 ans. Bell Média rembourse à Rogers 68 millions $ pour 60 matchs des Canadiens et TVA Sports 52 millions $ pour 22 matchs réguliers du Tricolore, 250 matchs d’autres équipes et les éliminatoires. Jusqu’à cette transaction faramineuse de Gary Bettman avec Rogers, Bell payait seulement 31 millions $ par an pour tous les matchs des Canadiens.

Compte tenu des droits payés pour le Tricolore, les patrons des deux réseaux ont de quoi pleurer toutes les larmes de leur corps lorsque le Canadien se traîne les pieds et n’arrive même pas à la première ronde éliminatoire, ce qui sera sans doute le cas cette saison.

UNE DÉCISION DISCUTABLE

J’ai épluché attentivement les arguments du CRTC, qui a donné raison à Bell contre Québecor. Le CRTC avait aussi tranché en faveur de Bell il y a deux ans. Si les arguments se justifiaient alors très bien, on ne peut en dire autant cette fois-ci. Le CRTC aurait presque pu décider en tirant à pile ou face.

À moins qu’il ait voulu faire oublier à Bell l’étonnante décision de son ex-président Jean-Pierre Blais qui permet désormais la diffusion des pubs américaines du Super Bowl. L’affaire coûte des millions à Bell, qui a payé le gros prix pour les droits du Super Bowl jusqu’en 2020, comptant sur la vente de pubs canadiennes pour amortir son coût.

La décision de Blais a été contestée par Bell Média, la Ligue nationale de Football (NFL), le président Barack Obama et tout ce qui bouge aux USA. Seulement 20 % des Canadiens y sont d’ailleurs favorables. L’appel à la Cour fédérale a été rejeté, mais Bell s’adresse maintenant à la Cour suprême dans l’espoir d’obtenir justice pour 2019.

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