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Aide médicale à mourir

Choisir de mourir en douceur

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

Samedi seront célébrées les funérailles d’Alain Michaud. Âgé de 56 ans et atteint d’une maladie dégénérative et incurable, l’homme de Rivière-du-Loup a choisi de mettre fin à ses souffrances par l’aide médicale à mourir. Depuis juin 2016, plus de 45 personnes du Bas-Saint-Laurent ont terminé leurs jours de cette façon.

«Je vais toujours admirer le courage qu’il a eu de dire: c’est là que ça se fait», soutient Judith Pelletier, l’épouse de M. Michaud.

Le diagnostic est tombé en avril dernier. Alain Michaud était atteint de la sclérose latérale amyotrophique. «Je pense que c’était la pire chose pour lui, de devoir se fier sur les autres, de se voir dépérir aussi et de savoir qu’il n’y avait aucune issue à cette maladie-là», raconte sa conjointe.

Dès les premiers jours, le sujet de l’aide médicale à mourir a fait surface: «Il disait : "moi je ne serai jamais capable de demander ça. Ça prend un courage fou."»

Mais plus les mois avançaient, plus son état se détériorait. Jusqu’au jour où il a décidé que s’en était assez; il allait demander à son médecin d’abréger ses souffrances. «C’était comme un soulagement, il avait l’air soulagé», se souvient son épouse.

C’est le 25 janvier que la route d’Alain Michaud s’est terminée, chez lui, entouré de ses proches. «Chacun est passé à tour de rôle faire ses adieux. Quand ça a été l’heure du départ, il voulait être seul avec moi. Il a dit : "quand je t’ai rencontrée, je suis tombé en amour avec ton sourire. Je veux partir avec ton sourire". Ça a été difficile, mais je souriais jusqu’à ce qu’il parte», souffle Mme Pelletier.

Une semaine plus tard, la peine est toujours vive chez Judith Pelletier, mais elle accepte la décision de son mari: «De l’avoir vu souffrir des mois et des mois, couché dans un lit à agoniser, pour moi ça aurait été pire que cette solution-là.»

Aujourd’hui, elle veut rassurer les patients et les familles qui traverseront eux aussi ce processus: «C’est tellement en douceur, il est parti dans son sommeil. Je serais portée à dire que c’est la mort idéale.»

De plus en plus d’aides médicales à mourir administrées

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent a déposé mercredi son plus récent rapport sur les soins de fin de vie.

Entre le 10 juin 2017 et le 9 décembre 2017, 25 doses ont été administrées, comparativement à 14 lors des six mois précédents (10 décembre 2016 au 9 juin 2017).

Du 10 juin 2016 au 9 décembre 2016, six personnes avaient eu recours à l’aide médicale à mourir dans la région. Le rapport publié mercredi confirme la tendance à la hausse.

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