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Ventes de l'iPhone X

Apple publie ses résultats sur fonds d'inquiétudes

Glenn Chapman et Julie Charpentrat | Agence France-Presse

Apple va publier jeudi ses résultats trimestriels alors que s'accumulent les spéculations sur les ventes de l'iPhone X, produit vedette du groupe, empêtré par ailleurs dans une polémique concernant le ralentissement volontaire de certains modèles.

Ces performances financières seront d'autant plus scrutées qu'elles correspondent aux ventes de fin d'année, époque habituellement faste pour la firme à la Pomme, qui a lancé cette année, fait inhabituel, trois modèles de téléphones intelligents: le luxueux iPhone X, l'iPhone 8 et l'iPhone 8 Plus.

Depuis le lancement, début novembre, de l'iPhone X, analystes et médias ne cessent de s'interroger sur ses ventes, des spéculations qui reviennent tous les ans à la même période pour chaque modèle et que le groupe refuse systématiquement de commenter. Plusieurs médias ont notamment affirmé qu'Apple faisait face à une faible demande pour le X et avait même décidé de réduire de moitié sa production.

Les résultats publiés jeudi ne devraient répondre à ces interrogations que de façon partielle puisqu'Apple ne fournit habituellement aucun chiffre de ventes par modèle, mais seulement par gamme de produits (iPhone, iPad, Mac...).

Le titre a été chahuté en Bourse ces derniers temps et a clôturé mercredi à 167,43 dollars, soit une baisse de 6,5% par rapport à un pic atteint le 18 janvier (179 dollars). Apple reste toutefois la première capitalisation boursière mondiale à plus de 850 milliards de dollars.

Il est difficile de savoir ce qui a pesé sur le titre, certains analystes abaissant leur objectif de cours tandis que d'autres, comme Bank of America Merrill Lynch, ont au contraire publié des analyses très positives sur Apple.

Une note du cabinet Kantar Worldpanel ComTech publiée mardi a même avancé que l'iPhone X, vendu à partir de 1.000 dollars aux États-Unis, faisait partie des trois appareils les plus vendus en décembre dans plusieurs régions du monde, notamment l'Europe, les États-Unis ou la Chine «urbaine».

En tout état de cause, les analystes s'attendent à un chiffre d'affaires record de plus de 87 milliards de dollars, en hausse de 10% par rapport au dernier trimestre 2016, bien que beaucoup d'experts estiment que le marché du téléphone intelligent est proche de la saturation.

La publication des résultats du premier trimestre (Apple a un exercice décalé) intervient aussi au moment où l'entreprise est empêtrée dans une polémique au sujet du ralentissement volontaire de certains anciens modèles d'iPhone aux batteries vieillissantes.

Le groupe avait reconnu en décembre brider intentionnellement les performances de certains iPhone, pour, affirme-t-il, éviter qu'ils ne s'éteignent de façon intempestive. Une fonctionnalité discrètement introduite il y a un an via une mise à jour qui lui vaut aujourd'hui plaintes et menaces de poursuites, soupçonné d'avoir volontairement manqué de transparence pour inciter les consommateurs à acheter de nouveaux modèles de téléphone.

Le groupe a reconnu mercredi «répondre aux questions» provenant d'agences fédérales américaines sur ce sujet après que plusieurs médias eurent affirmé que le ministère de la Justice et le gendarme de la Bourse, la SEC, s'intéressaient de près au dossier.

En France, Apple fait l'objet d'une enquête préliminaire pour «tromperie» et «obsolescence programmée».

Pour tenter d'atténuer la polémique, Apple a présenté ses excuses, a baissé le prix de remplacement des batteries et promis pour le printemps une nouvelle mise à jour qui laissera à l'usager le choix de ralentir ou non l'appareil lorsque la batterie donne des signes de faiblesse.

«Nous n'avons et ne ferons jamais quoi que ce soit qui puisse volontairement raccourcir la durée de vie d'un produit Apple ou dégrader l'expérience utilisateur pour pousser les consommateurs à acheter un nouveau produit plus récent», a insisté Apple mercredi.

Même si cette controverse a «écorné la réputation» de la marque, «elle pourrait être rapidement oubliée dans les mois qui viennent, compte tenu de la base solide d'aficionados d'Apple», a estimé Swarup Gupta, du cabinet Zacks Investment Research.

Les investisseurs chercheront aussi jeudi à en savoir plus sur ce qu'Apple compte faire de ses bénéfices engrangés à l'étranger --un pactole estimé à environ 250 milliards de dollars--. Suite à l'abaissement récent de la fiscalité américaine sur ces sommes, le groupe a promis d'investir massivement dans les prochaines années aux États-Unis.

Mais il pourrait également dépenser une partie de cet argent pour des rachats d'action, augmentation de dividendes ou acquisitions.

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