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Maniwaki

Coup de feu au palais de justice: l’intervention décortiquée

TVA Nouvelles

Dans le cadre de l’émission Le 9 Heures, Jean-François Guérin et son collaborateur, Jean-François Brochu, ex-sergent à la Sûreté du Québec, ont décortiqué l’altercation qui a dégénéré entre un prévenu et un constable spécial au palais de justice de Maniwaki, mercredi.

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La situation débute mercredi après-midi alors que le prévenu, un jeune homme jugé pour un délit qu’on ne connaît pas, demande à fumer une cigarette.

 

Le constable spécial intervient auprès du prévenu de 18 ans. Il est seul et a du mal à le maîtriser. Il demande de l’aide des agents de sécurité qui assistent à la bagarre.

«Sur les images de la vidéo, on voit que le jeune frappe le constable à au moins une reprise», note Jean-François Brochu. «Faut savoir que ce jeune est détenu, plusieurs se demandent pourquoi le constable n’a pas laissé le jeune sortir aller fumer. Il n’a pas à le faire.»

Sur les images de l’altercation, quatre agents de sécurité sont vus dans l’entrebâillement de la porte, et ne semblent pas agir.

«Si ces gens-là avaient eu le réflexe d’un citoyen, ils ont normalement l’obligation légale d’aider l’agent de la paix, lui porter secours. Leur inaction va conduire au geste qu’on connaît», croit M. Brochu.

Les agents de sécurité ne sont pas formés pour réagir à de telles situations. Les constables spéciaux sont formés à l’école de police de Nicolet pour ce type d’intervention. Les policiers vont s’entraîner à faire des «quatre contre un», des «cinq contre un», un entraînement qui permet de maîtriser un suspect tout en le protégeant de lui-même, et sans utiliser l’arme à feu.

«L’agent de la paix ne peut pas perdre. Sa mission est de détenir cet individu-là. S’il y avait eu deux constables spéciaux, fort probablement que le jeune homme ne se serait même pas ''essayé''. Ils n’auraient pas eu besoin d’utiliser la force, parce que la seule présence de deux constables fait réfléchir le délinquant», précise l’analyste.

Mission du constable

La demande du jeune détenu pour sortir aller fumer, est, au sens de la loi, une demande pour «s’échapper», assure l’ex-sergent. «La mission du constable est de le garder à l’intérieur, c’est pour ça qu’on le paye.»

Pour Jean-François Brochu, on demande à plusieurs constables spéciaux, un peu partout au Québec, de faire un travail dangereux et délicat, seuls.

capture d'écran | Facebook

capture d'écran | Facebook

 

«L’agent a été frappé sévèrement à la tête avec un bâton télescopique. C’est une arme mortelle, il aurait pu se faire tuer hier. Encore une fois, à la Sécurité publique et au ministère de la Justice, tout le monde va s’en laver les mains», croit l’ex-policier d’expérience.

Par ailleurs. M. Brochu souligne que l’agent a le droit, dans l’exercice de ses fonctions, de défendre sa vie.

«L’allumette dans tout cela, est-ce que ce n’est pas le manque de respect face à l’autorité? Si ce jeune-là se conforme, il n’y en a pas de problème», conclut Jean-François Brochu.

 

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