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Manque de sécurité

Des juges ont déjà refusé de siéger au palais de justice de Maniwaki

David Prince | Agence QMI

Le palais de Justice de Maniwaki est un endroit particulièrement problématique en matière de sécurité selon une juge à la retraite qui a siégé plus de 20 ans à cet endroit.

Selon la juge à la retraite Nicole Gibeault, il est déjà arrivé dans le passé que des juges refusent de siéger puisqu’il n’y avait pas de constables spéciaux dans une salle d’audience pour assurer la sécurité.

 

Selon elle, dans des petits palais comme Maniwaki ou Cambell’s bay (au nord de Gatineau), la sécurité est nettement déficiente. «J’ai déjà vu un agent de sécurité partir à courir à l’extérieur d’une salle à la recherche d’un constable spécial. Pendant ce temps là, le public, le personnel et le juge sont laissés seuls avec une situation potentiellement dangereuse», a-t-elle dit.

Mercredi un constable spécial a tiré en plein visage Steven Bertrand, 18 ans, qui venait de lui soutirer son bâton télescopique et qui l’a frappé à la tête. Le jeune homme avait demandé d’aller fumer une cigarette, ce que le constable spécial a refusé. Plusieurs agents de sécurité ont regardé la scène sans intervenir.

«J’ai beaucoup de respect pour les agents de sécurité. Mais ils ne sont pas formés en gestion de crise pour intervenir sur des situations comme on a vu à Maniwaki. (...) La magistrature a demandé je ne sais pas combien de fois à la Sécurité publique de mettre deux constables spéciaux par salle de cour. Ce n’était pas de savoir si, mais quand ça allait arriver», a mentionne Mme Gibeault.

Nerveuse

Mme Gibeault affirme avoir déjà été très nerveuse au moment de rendre des verdicts dans des salles où le public est divisé entre les familles de la victime et de l’accusé. «S’il y a des gens qui se désorganisent dans la salle ou ailleurs dans le palais, il n’y a pas de sécurité. Maniwaki est un petit endroit. Plus on confine les gens dans un petit endroit, ça peut dégénérer rapidement», a-t-elle dit.

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