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Grogne

Montréal n’est pas seule à hausser les taxes

Matthieu Payen | Agence QMI

Early autumn with modern residential single family home

tab62 - stock.adobe.com

La grogne de nombreux propriétaires et commerçants risque d’être ravivée dans les prochains jours à la réception des comptes de taxes dont certains affichent des hausses trois fois supérieures à l’inflation.

Sauf dérogation, les municipalités avaient jusqu’à hier pour déposer leur budget 2018 au ministère des Affaires municipales. Déjà, plusieurs hausses de taxes contestées ont fait les manchettes dans les dernières semaines, comme celle de 3,3 % à Montréal ou celle de 10 % finalement annulée à Rigaud.

Selon un recensement effectué par «Le Journal de Montréal», près de la moitié des villes de la région métropolitaine ont augmenté les taxes au-dessus du niveau de l’inflation évaluée à 1,7 %.

À Terrebonne, le maire Marc-André Plante a présenté à la mi-janvier un bond important de 5,59 %, soit 131 $ par résidence. Un chiffre qu’il convient de nuancer, selon lui, puisqu’il inclut les retours d’une taxe sur les insectes piqueurs et d’une autre sur les transports.

À Saint-Basile-le-Grand, le maire Yves Lessard affirme quant à lui avoir multiplié les «contorsions budgétaires» pour limiter la hausse à 5,95 %, soit 160 $ par résidence.

«C’est sûr que pour certains c’est difficile à accepter, mais si nous avions facturé l’ensemble des hausses des dépenses aux citoyens, l’augmentation de taxes aurait été de 14 %», affirme M. Lessard. «Je ne connais pas un seul élu qui est heureux d’annoncer une hausse de taxes, souligne Alexandre Cusson, maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Le problème, c’est que quand les besoins sont trop forts, il n’y a pas beaucoup de choix.»

Diversifier les revenus

Présentement, la taxe foncière représente environ 70 % des revenus des villes.

Cette quasi-dépendance crée une forte pression sur les propriétaires et commerçants qui contribuent à cette taxe puisque parallèlement, les exigences des citoyens envers leurs municipalités ne cessent d’augmenter.

«De nos jours, les villes sont responsables de nos cadres de vie, de notre mobilité sociale et de nombreux services, mais leurs sources de financement ne changent pas», explique Ève-Lyne Couturier, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).

«Le Québec s’est engagé sur la voie de la décentralisation, mais ce n’est pas viable si on ne donne pas aux villes les moyens de se financer», renchérit Florent Michelot, professeur en Affaires municipales à l’UQÀM.

TVQ et pot

Pour les deux spécialistes, ainsi que pour l’UMQ, la solution passerait par une diversification des sources de revenus. «Québec pourrait décider de reverser aux villes une partie de la TVQ sur certains produits. Cela se fait dans plusieurs villes américaines et en Europe», explique M. Michelot.

C’est d’ailleurs dans ce sens que l’UMQ réclame le tiers des taxes qui seront prélevées sur la vente de cannabis. «La légalisation va coûter de l’argent aux villes pour assurer la sécurité du public, rappelle le maire Cusson. Donc si aucune somme ne nous est reversée, cette promesse fédérale va devenir une taxe municipale.»

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