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Semaines de congé

Québec assouplit le régime d’assurance parentale

TVA Nouvelles | Agence QMI

Le gouvernement Couillard a annoncé jeudi des assouplissements au Régime québécois d’assurance parentale qui permettront aux familles d’étirer leurs semaines de congé sur une période de deux ans.

C’est le premier ministre lui-même flanqué de son ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, qui en a fait l’annonce cet après-midi après le caucus présessionnel des parlementaires libéraux, à Québec.

Philippe Couillard dit avoir entendu les Québécois: «Contrairement à la CAQ qui trouve qu'apparemment les Québécois ne travaillent pas assez, 60 heures seraient l'idéal, on sait, nous, que les familles du Québec veulent plus de moments privilégiés en famille.»

Le Régime québécois d'assurance parentale permet un congé maximal de 55 semaines, à partager entre la mère et le père. L’annonce de Québec vise à donner plus de flexibilité tant aux parents qu’aux employeurs.

Le premier ministre propose d'assouplir les règles du régime pour améliorer la conciliation travail-famille-études. Les parents pourront étaler leur congé sur une période plus longue, en revenant au travail à temps partiel, par exemple.

«Moi, je trouve que c'est une très bonne idée, lance Annie Lépine, une jeune maman interrogée par TVA Nouvelles. C'est sûr que, moi, je suis maman de quatre enfants, donc ce serait avantageux pour moi de concilier travail, famille avec les enfants.»

En principe, les employeurs sont en faveur de la conciliation travail-famille. Mais ils craignent qu'on ne crée trop d'attentes.

«C'est pas parce que la mesure est volontaire ou discrétionnaire qu'il y a pas d'impact pour les PME au Québec, explique Bruno Leblanc, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. Alors, effectivement, il est possible que si on se doit de refuser une mesure, ça crée de l'insatisfaction, et les PME sont plus démunies que les grandes entreprises à ce niveau-là. On a moins de marges de manoeuvre que les grandes entreprises. Alors, ça nous préoccupe.»

Le premier ministre promet de donner de l'oxygène aux entreprises aussi, dans le prochain budget.

À coût nul

Les modifications au RQAP seront effectuées à coût nul puisqu’il n’est pas question d’augmenter la limite maximale de 55 semaines au total pour les deux parents. Québec souhaite plutôt permettre à ceux-ci de revenir au boulot plus tôt, mais à temps partiel par exemple. Les congés restants pourraient ainsi être étalés pour offrir une semaine de quatre jours.

À une semaine de la rentrée parlementaire et au dernier jour de son caucus présessionnel, Philippe Couillard compte ainsi marquer des points auprès des jeunes familles.

Principe de «in and out»

L’employeur pourrait aussi y voir un atout. «Par exemple, une comptable pourrait revenir au travail pendant la saison des impôts alors que l’employeur est très sollicité, et repartir par la suite», souligne la source.

«On ne veut pas ajouter un fardeau aux employeurs», explique-t-on. Ces «assouplissements» doivent être acceptés à la fois par l’employeur et l’employé. En cas de refus, le système actuel primera.

Pas question d’imiter le fédéral

Québec rejette toutefois l’idée d’imiter le régime fédéral et de permettre aux parents d’étirer le congé jusqu’à 18 mois, mais avec une couverture du revenu plus faible.

Le gouvernement a aussi dans sa manche une mesure qui autorisera les parents à prendre des congés en cas de maladie de leur poupon lors de la première année où il fréquentera une garderie.

Le RQAP est un régime financé par les cotisations des salariés, des travailleurs autonomes et des employeurs.

Le RQAP de base actuel

Maternité (Exclusive à la mère qui a donné naissance): 18 semaines de congé à 70 % du salaire

Paternité (Exclusive au deuxième parent): 5 semaines à 70 % du salaire

Parentales (Partageable): 7 semaines à 70 % du salaire et 25 semaines à 55 %

Modification prévue

Pouvoir étaler une partie de ces semaines jusqu’à deux ans après la naissance

En retour progressif avec une semaine de quatre jours, par exemple

En «in and out», soit revenir au travail pendant quelques semaines pour repartir ensuite.

-Avec la collaboration d'Andrée Ducharme

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