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Centre hospitalier de Lanaudière

Il décède à l’hôpital dans d’obscures circonstances

Vincent Larin | Agence QMI

La famille d’un adolescent décédé dans d’obscures circonstances à la suite d’une opération courante pour lui retirer l’appendice veut des réponses, quitte à se rendre devant les tribunaux.

«Ça n’a juste pas de bon sens qu’en 2018 des choses comme ça arrivent encore», s’indigne son père, Ghislain Durocher, en retenant un sanglot.

Décidés à obtenir une réponse des autorités sur les causes du décès de Jimmy-Lee, 17 ans, ses proches comptent intenter une poursuite contre le Centre hospitalier de Lanaudière (CHDL), à Joliette.

Opéré sans problème

C’est à cet hôpital que l’adolescent s’est rendu, le 13 janvier dernier, puisqu’il ressentait des douleurs au niveau du ventre depuis plusieurs jours.

Une radioscopie et un scan ont alors confirmé qu’il souffrait d’une appendicite, explique Ghislain Durocher. L’opération nécessaire dans ce cas-ci, une appendicectomie, est très courante. Elle a été prodiguée près de 9500 fois dans le réseau de la santé québécois en 2016-2017.

Celle de Jimmy-Lee aurait duré une heure et quart et se serait déroulée sans problème, affirme son père.

À son réveil, l’adolescent souffrait toujours des suites de l’intervention et une infirmière lui a administré de la morphine pour l’aider à s’endormir.

Arrêt cardiaque

Mais tout a dérapé plus tard dans la nuit, raconte la belle-mère de Jimmy-Lee, Isabelle Racine, qui dormait dans la même pièce tout comme la petite amie de l’adolescent.

«On s’est fait réveiller d’un coup par l’équipe médicale. Ils criaient, ils ont même sorti l’autre patiente qui partageait la chambre de Jimmy », décrit-elle.

Le jeune homme subissait alors un arrêt cardiaque comme le confirme la mention « code bleu » écrite dans le rapport médical du CHDL et dont «Le Journal de Montréal» a pu consulter des extraits.

Plongé dans un coma profond, Jimmy-Lee a ensuite été transporté à l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal où il est resté plusieurs jours dans un état de mort cérébrale avant d’être finalement débranché.

Erreur médicale ?

Selon les parents, le personnel de l’hôpital Sacré-Cœur les aurait informés qu’une erreur médicale qui se serait produite à Joliette pourrait être à l’origine de l’arrêt cardiaque de leur fils.

Mais encore faut-il le prouver, explique l’avocat spécialisé en santé, Jean-Pierre Ménard, qui a été saisi du dossier.

«Dans les cas de décès non attendus [...] c’est toujours suspect. Y a-t-il une cause là ? Peut-être, peut-être pas, mais c’est quelque chose qu’on va investiguer», indique Me Ménard.

«Dans tous les cas, il faut que ça bouge. Il faut s’arranger pour que ça n’arrive pas à d’autres familles», lance Ghislain Durocher.

Contacté peu après les événements, le Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière s’est dit «très attristé» du décès du jeune homme.

Les circonstances du décès demeurent encore indéterminées et une enquête a été ouverte, a indiqué une porte-parole, Pascale Lamy.

«Selon les résultats de cette enquête, la direction agira en conséquence», a-t-elle ajouté.

Le Bureau du coroner a également ouvert une enquête.

Sa communauté est ébranlée, mais se mobilise

L’annonce du décès de Jimmy-Lee Durocher a ébranlé la petite communauté de Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière, où réside sa famille.

«Il n’y avait pas l’ombre d’une malice chez lui, c’était quelqu’un qui trouvait toujours le moyen de faire rire», a confié sa grand-mère Nicole Racine, rencontrée à la patinoire du centre communautaire du village, le 21 janvier.

«Salut mon gars»

Ce soir-là, plus d’une centaine de personnes s’y sont rencontrées pour rendre hommage à Jimmy-Lee Durocher.

«Salut mon gars», a crié Ghislain Durocher, au moment d’une envolée de ballons en mémoire de son fils.

Pendant ce temps, l’adolescent était maintenu dans un coma artificiel à l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal, à plus de deux heures de route.

Le choix de la cérémonie s’était fait naturellement puisque le jeune homme fréquentait souvent cet endroit et était un mordu de hockey.

Fondation en son nom

«Il était toujours là pour tout le monde. T’avais besoin de quelqu’un, t’appelais Jim», a témoigné sa meilleure amie, Annabelle Morin.

Déjà, des préparatifs sont en marche en vue de créer une fondation au nom de Jimmy-Lee.

Plusieurs commerces du village ont émis le souhait de donner à la famille pour lui venir en aide, indique M. Durocher.

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