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Assemblée citoyenne à Nanaimo

Trudeau sort de ses gonds contre des militants environnementalistes

Maxime Huard | Agence QMI

 - Agence QMI

Alors que l’opposition au pipeline Trans Mountain est à son comble en Colombie-Britannique, Justin Trudeau, dans un rare moment de colère, a dû faire expulser des environnementalistes qui le chahutaient lors d’une assemblée publique sur l’île de Vancouver, vendredi.

Dès le début de la séance, des militants ont commencé à houspiller le premier ministre, criant pendant qu’il s’adressait à la foule rassemblée à Nanaimo.

Les choses se sont gâtées à la cinquième question du public, qui portait sur l’oléoduc controversé de la firme Kinder Morgan.

«J’ai voté pour vous parce que je croyais que vous étiez de notre côté! Vous m’avez tellement déçue en approuvant le pipeline!», a dit une citoyenne sous un tonnerre d’applaudissements.

 

Trois expulsions

Alors que Justin Trudeau tentait d’expliquer que son gouvernement souhaitait protéger l’environnement tout en faisant croître l’économie, les militants déjà bruyants ont redoublé d’ardeur.

C’est alors qu’un premier individu agressif, qui s’était déjà fait refuser un micro au début de l’assemblée, s’est fait expulser par la police.

M. Trudeau a continué d’essayer de répondre, sans grand succès sous les huées de deux militantes de plus en plus insistantes. «Vous pensez que votre voix est plus importante. Ce n’est pas très poli», a-t-il d’abord remarqué.

Visiblement agacé par les hurlements continuels, le premier ministre est sorti de ses gonds: «Come on! Come on!» s’est-il écrié.

«Qui pense que ces gens doivent partir?» a-t-il demandé, invitant les spectateurs à voter à main levée. L’écrasante majorité de l’assemblée s’est prononcée en faveur de l’expulsion.

«Partez s’il vous plaît», a ordonné Justin Trudeau aux deux manifestantes, qui ont été escortées vers la sortie par les policiers. Il a finalement martelé que son gouvernement irait de l’avant avec le pipeline sous prétexte que sa construction est dans «l’intérêt national».

Tension interprovinciale

Le premier ministre du Canada s’est présenté dans l’ouest du pays à un moment très tendu.

La Colombie-Britannique et l’Alberta sont à couteaux tirés actuellement au sujet de l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain. Approuvé par le fédéral, le projet de la compagnie Kinder Morgan est évalué à 7,4 milliards $ et doit permettre d’acheminer quotidiennement 890 000 barils de pétrole brut albertain vers la côte pacifique.

Le gouvernement britanno-colombien tente de faire avorter le projet par des embûches réglementaires, alors que la province voisine attend impatiemment sa construction.

À la Chambre des communes vendredi, le ministre des Ressources naturelles Jim Carr a assuré que le fédéral avait le dernier mot sur les pipelines interprovinciaux et que le projet Trans Mountain verrait le jour.