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Réalisé par Clint Eatswood

Des héros ordinaires dans «Le 15:17 pour Paris»

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Le 21 août 2015, un assaillant se met à tirer des coups de feu à bord d’un train qui relie Amsterdam à Paris. Le carnage est évité de peu grâce au courage et au sang froid de plusieurs passagers, dont trois Américains en vacances. C’est l’histoire vraie que Clint Eastwood a décidé de raconter.

Après «Tireur d’élite américain» (2014) sur Chris Kyle, le tireur le plus mortel de l’armée américaine, puis «Sully» (2016), sur Chesley Sullenberger, le pilote d’avion de ligne ayant effectué un amerrissage d’urgence dans l’Hudson, Clint Eastwood a choisi de s’intéresser aux jeunes hommes, des touristes américains, qui ont permis d’éviter un massacre à bord du train Thalys, assurant la liaison entre Amsterdam et la capitale française.

«Cela n’a jamais été un choix conscient de ma part que de faire des films sur des héros, a détaillé le cinéaste sur le plateau de tournage l’an dernier. Celui-ci est une histoire très intéressante sur des personnes ordinaires qui ont posé des gestes extraordinaires.»

«Il s’agit de trois hommes ordinaires, qui ont grandi ensemble et qui ont dû réagir extrêmement rapidement. La situation aurait pu être catastrophique, puisqu’il y avait plus de 500 passagers à bord du train ce jour là.»

Anthony Sadler, Alek Skarlatos Spencer Stone ont pris des vacances en Europe. Ils se trouvent à bord de la voiture 12 du Thalys lorsqu’Ayoub El Khazzani y pénètre, armé d’un fusil d’assaut, de neuf chargeurs, d’un pistolet automatique et d’un couteau à lame rétractable. Son arme s’étant enrayée, les trois amis se jettent sur lui et parviennent à le maîtriser.

Alek Skarlatos est âgé de 22 ans et est un militaire de réserve de la National Guard de l’Oregon. Son ami Spencer Stone, 23 ans, est ambulancier de l’armée de l’air et les deux jeunes hommes n’hésitent pas un seul instant à immobiliser Ayoub El Khazzani à mains nues. Leur ami d’enfance Anthony Sandler, 23 ans, lui aussi, étudiant à Sacramento, leur prête ensuite main forte.

Travaillant à partir du scénario de Dorothy Blyskal, une inconnue qui signe ici son premier script, rédigé à partir de l’ouvrage «The 15:17 to Paris: The True Story of a Terrorist, a Train, and Three American Heroes», rédigé par les trois protagonistes, le cinéaste débute par la distribution.

«J’ai pensé à beaucoup d’acteurs et de très bons, détaillait Clint Eastwood. Je voyais constamment les trois gars et, un jour, je leur ai finalement dit qu’ils devraient tenir leurs propres rôles. Plus ils y pensaient, plus l’idée les séduisait», d’autant que le long métrage raconte également leur enfance et les événements qui les ont menés à se retrouver au bon endroit au mauvais moment.

Clint Eastwood tient également à tourner «Le 15:17 pour Paris» sur les lieux mêmes de l’incident, soit près du village d’Oignies, en France. «Nous avons tourné aux endroits [où tout s’est déroulé]. Pour un couple, Mark et Isabelle [Moogalian] – lui a reçu une balle dans le cou et a failli mourir -, ça a été une catharsis de revenir sur les lieux et de les revoir avec tous les gens qui avaient vécu ça. Je crois d’ailleurs que cela a été une catharsis pour tout le monde», disait-il à «EW».

«Je savais ce que je voulais tourner, mais ce sont eux qui ont vécu cette aventure, de souligner Clint Eastwood. Et c’est la vraie vie.»

«Le 15:17 pour Paris» prend l’affiche dans les salles du Québec dès le 9 février.

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