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Attachés et frappés pendant une heure et demie

Ils souhaitent la prison pour leurs tortionnaires

Amélie St-Yves | Agence QMI

Amélie St-Yves

Deux aînés qui ont été attachés, frappés et menacés par des voleurs il y a cinq ans espèrent que l’un d’eux fasse de la prison et que les deux autres soient enfin arrêtés.

Le soir du 28 janvier 2013, Monique et Benoît Daigle, alors âgés de 77 et 79 ans, ont cru leur dernière heure arrivée lorsque deux hommes qui parlaient en créole sont entrés par la porte-fenêtre débarrée de leur maison de Warwick, située au Centre-du-Québec.

Les deux hommes masqués cherchaient une somme de 100 000 $, mais le couple n’avait que 180 $ dans la maison.

Huit enfants

Les agresseurs ont ligoté les aînés à des chaises avec du ruban adhésif, tant au niveau des poignets que du corps et des jambes. Ils ont renversé les chaises au sol et ont frappé leurs victimes pour qu’elles leur disent où elles cachaient l’argent.

Ils cassaient tout ce qu’ils pouvaient et parlaient en créole entre eux, ce qui rendait la situation encore plus stressante pour le couple.

«J’ai eu plus peur pour elle que pour moi, même si j’ai mangé une vingtaine de coups de poing», raconte Benoît Daigle.

Monique Daigle a craint de mourir quand elle était au sol et qu’une lourde table s’est affaissée sur elle.

Libérée

«J’ai pensé à mes huit enfants, un par un. Je me suis dit que je les amenais avec moi», raconte-t-elle.

Elle a finalement pu se défaire des liens quand les deux hommes sont partis avec les cartes bancaires du couple.

Puis elle a secouru son mari avant d’aller appeler les secours chez un voisin.

«On a obéi comme des enfants. On n’avait pas le choix», raconte Monique Daigle.

Le 24 janvier dernier, Jonathan Paolucci Fletcher, 26 ans, a été reconnu coupable d’introduction par effraction, de séquestration, de méfaits et de menaces.

Il a attendu dans la voiture pendant près de 90 minutes alors que les deux individus battaient les deux personnes âgées et cassaient tout dans la maison.

Les deux hommes qui ont violenté les aînés n’ont jamais été arrêtés. Paolucci Fletcher a dit au juge qu’il ignorait les noms de ses deux associés puisqu’ils fonctionnaient par surnom, ce que le juge Jacques Lacoursière n’a pas cru. Ils étaient d’origine haïtienne, selon Paolucci Fletcher.

Monique et Benoit Daigle espèrent au moins qu’il fera de la prison, eux qui sont, encore aujourd’hui, plus craintifs.

Résilience

Cinq ans plus tard, les deux aînés ont un système d’alarme et gardent toutes les portes barrées, mais ne peuvent pas s’empêcher de faire le tour des fenêtres pour surveiller, presque à chaque nuit.

Des amis leur ont suggéré de déménager, mais ils n’ont pas laissé la peur les envahir à ce point, même si les cauchemars ont duré deux ans.

«Avoir été toute seule, je ne serais pas restée ici. Mais vu qu’on est tous les deux, on est corrects. On se soutient», dit Monique Daigle.

Jonathan Paolucci Fletcher sera de retour en cour le 20 avril pour connaître sa peine.

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