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Val-d'Or

Un pompier criminel reviendra au travail

David Prince | Agence QMI

firefighter fire fighting suround with dark smoke

prathaan - stock.adobe.com

Un pompier qui s’est acharné à coups de poing et de pied sur une victime au point de la rendre inerte pourra tout de même continuer d’exercer son métier, au grand désarroi de son chef.

Un arbitre du travail vient de décider que les voies de fait graves perpétrées par le pompier de Val-d’Or Kristian Fortin-Chartier, à l’extérieur de ses heures de travail, ne l’empêchent pas d’être pompier et ne nuisent pas à la réputation du service des incendies.

Le 23 novembre 2012, M. Fortin-Chartier, 27 ans, qui est alors pompier à temps partiel depuis un an à Val-d’Or, sort au Bar au sport avec son frère pour fêter l’annonce de sa future paternité.

Violente bagarre

Pendant la soirée, les deux frères ont été impliqués dans une violente bagarre avec un employé de l’établissement.

Bien que ce soit ce dernier qui ait amorcé le combat, il a reçu toute une raclée au point de subir un traumatisme crânien, une embolie pulmonaire et une méningite. Trois ans après les événements, il avait toujours des pertes de mémoire.

«L’état du patient démontre hors de tout doute raisonnable qu’il y a eu violence excessive et acharnement sur une personne devenue incapable de se défendre», affirme le juge.

Kristian Fortin-Chartier et son frère ont été reconnus coupables de voies de fait graves en 2015. Le pompier a dû faire cinq mois de prison.

Après cette condamnation, la Ville de Val-d’Or a congédié Kristian Fortin-Chartier en disant que son geste ne cadrait pas avec la mission des pompiers, qui est de sauver des vies.

Décision renversée

Mais le 26 janvier, un tribunal d’arbitrage a infirmé la décision et ordonné au service des pompiers de réintégrer M. Fortin-Chartier d’ici deux semaines.

«Il a dérogé à la mission première du pompier qui est de sauver des vies. C’est incompatible avec son emploi. Un juge nous ordonne de le réintégrer et on va se plier à la décision. Mais ni les ressources humaines ni le service des incendies ou le conseil municipal ne sont à l’aise avec ça», a dit le chef des pompiers de Val-d’Or, Jean-Pierre Tenhave.

Les procureurs pourraient porter la décision en appel. La Ville a fait valoir que le geste violent de Kristian Fortin-Chartier avait eu des impacts négatifs sur l’image des pompiers de Val-d’Or.

Or, l’arbitre Denis Nadeau affirme qu’il n’existe aucune preuve d’une atteinte à la réputation de la Ville.

Informé par Le Journal qu’il pourra reprendre sa carrière de pompier, Kristian Fortin-Chartier s’est dit très heureux.

«C’est mon rêve d’être pompier. C’est une passion pour moi», a-t-il fait savoir.

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