/news/world

États-Unis

Optimisme sur le budget, pessimisme sur l'immigration

Agence France-Presse

Un accord budgétaire de long terme était en vue au Congrès américain pour éviter une paralysie fédérale jeudi soir, mais aucun compromis sur la régularisation de centaines de milliers de jeunes sans-papiers n'en faisait partie.

Les leaders de la majorité républicaine et de l'opposition démocrate du Sénat ont annoncé chacun une percée et être très proches d'un accord global sur les budgets 2018 et 2019 de l'État fédéral. La Chambre a de son côté pris les devants et adopté une mesure de financement temporaire.

Ce qui tranche avec des déclarations du président Donald Trump, qui a appelé de ses voeux mardi à un «shutdown» des administrations fédérales face à ce qu'il considère être une attitude intransigeante des démocrates sur l'immigration clandestine.

«J'adorerais une paralysie si on ne peut pas régler tout ça», a-t-il dit, en parlant de la violence commise par les immigrés clandestins, et notamment les gangs comme le gang salvadorien MS-13.

«Si nous devons fermer parce que les démocrates sont contre la sécurité... qu'on ferme», a dit le dirigeant.

Mais au Capitole, les leaders des partis s'éloignaient au contraire d'une crise budgétaire.

«Nous sommes sur le point de finaliser un accord, très bientôt», a déclaré le chef du Sénat, le républicain Mitch McConnell.

«J'espère que nous aurons un accord très bientôt», a dit le démocrate Chuck Schumer, très satisfait.

Cet accord répondrait aux exigences démocrates de voir des hausses similaires entre la défense (priorité républicaine) et le reste du budget, notamment la santé et l'éducation.

En revanche, les démocrates semblent avoir abandonné leur condition sur la régularisation des jeunes clandestins protégés par le programme temporaire Daca, supprimé par Donald Trump avec comme date effective le 5 mars. Le compromis n'aborde pas cette question.

«Je suis de plus en plus pessimiste sur l'immigration», a confié le sénateur républicain Lindsey Graham.

Selon lui, la seule solution probable pour les jeunes bénéficiaires de Daca sera une prorogation d'un an ou deux, par le Congrès, de leur statut temporaire, mais sans régularisation permanente.

John Kelly, secrétaire général de la Maison-Blanche, a exclu tout décret présidentiel prorogeant le statut Daca, répétant que le président avait mis sur la table la régularisation de 1,8 million de jeunes clandestins en échange d'un durcissement des lois migratoires et de la construction du mur frontalier. Ce nombre inclut selon lui ceux qui se sont inscrits à Daca et «d'autres qui étaient trop paresseux pour se bouger les fesses».

Une fois les questions budgétaires réglées, avant l'expiration des crédits actuels jeudi soir à minuit, le Sénat débattra la semaine prochaine d'une hypothétique réforme de l'immigration.

Mais aucun sénateur ne sait quelle mesure sera susceptible de recueillir les 60 voix sur 100 requises. C'est ce seuil de majorité qualifiée qui explique que l'opposition démocrate a son mot à dire dans tout débat, un véritable pouvoir de blocage.

Dans l'immédiat, la Chambre a adopté mardi soir un financement fédéral temporaire jusqu'au 23 mars, avec la totalité des crédits de la défense jusqu'au 30 septembre. Le Sénat devrait modifier ce texte d'ici jeudi soir pour refléter l'accord de long terme en cours de finalisation. Ils ont jusqu'à jeudi soir pour éviter un «shutdown» vendredi matin qui renverrait chez eux des centaines de milliers de fonctionnaires.

Dans la même catégorie