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Retour au travail

Son fonds de retraite fondait trop rapidement

Carl Vaillancourt | Agence QMI

Agence QMI

Une femme qui a travaillé 38 ans dans le milieu de la santé n’a eu d’autre choix que de retourner sur le marché du travail deux ans après avoir pris sa retraite quand elle s’est aperçue que son fonds de pension fondait trop rapidement.

Johanne Marquette a travaillé comme agente administrative pendant 38 ans à l’hôpital de Saint-Hyacinthe avant de prendre sa retraite en 2012, à 56 ans.

Après avoir passé deux années à s’occuper de personnes âgées pour arrondir les fins de mois, elle en est venue à la conclusion qu’elle devait retourner sur le marché du travail si elle voulait profiter d’une retraite aussi confortable qu’elle le souhaitait.

«Mes rentes et mon fonds de pension me donnent environ 20 000 $ par année, ce qui paie le strict minimum. Je voulais profiter de ma retraite pendant que je suis encore en santé», dit la dame maintenant âgée de 61 ans.

Mauvais placements

Sa pension aurait dû lui permettre de vivre confortablement, mais la femme de 61 ans admet que deux événements importants ont eu un impact sur son bas de laine.

Après une dizaine d’années de carrière, Johanne Marquette a décidé de retirer son fonds de pension pour l’investir dans des placements qui lui promettaient des rendements de 10 à 12 % par année.

Or, les résultats ne se sont pas concrétisés. Une importante partie de sa retraite a ainsi été dilapidée par de mauvais choix d’investissement.

Le deuxième coup dur a été son divorce en 2003. La séparation du couple lui a fait perdre une nouvelle fois beaucoup d’argent. Elle a toutefois pu garder la totalité de son fonds de pension et toucher une partie de la vente de leur maison unifamiliale.

«Je ne vis pas au-dessus de mes moyens, je ne pouvais pas me permettre d’excès», concède-t-elle.

Après deux ans à faire des petits boulots, elle a finalement décidé de retourner sur le marché du travail pour augmenter la cagnotte de ses REER.

Nouvel emploi

C’est sa fille, Catherine Berthiaume, qui l’avait informée en 2014 que le palais de justice de Saint-Hyacinthe recherchait des employés pour occuper certaines fonctions bien précises.

Intéressée par l’administration de la justice, Johanne Marquette, qui avait alors 58 ans, a rempli le formulaire du ministère de la Justice pour y travailler.

Après une entrevue avec les ressources humaines, elle a finalement été embauchée comme huissière d’audience au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

Un emploi qu’elle occupe entre trois et quatre jours par semaine depuis les trois dernières années.

«Ça me permet de ne pas angoisser avec l’argent. Je peux aussi me payer des voyages chaque année, ce qui était impossible auparavant», explique Johanne Marquette.

Elle touche environ 17 000 $ de son nouveau travail à temps partiel.

Sur mesure pour les personnes retraitées

Le rôle d’huissier-audiencier dans les palais de justice est fait sur mesure pour les personnes retraitées.

Le porte-parole du ministère de la Justice du Québec, Paul-Jean Charest, affirme que le statut de retraité est un atout intéressant pour occuper les fonctions d’huissier-audiencier dans les palais de justice.

«Le statut actuel des retraités leur accorde davantage de souplesse, ce qui est tout à la fois à l’avantage de l’employeur que de l’employé, puisque les conditions de travail sont de nature occasionnelle [sur appel]», explique-t-il.

De son côté, Johanne Marquette se souvient que les gens aux ressources humaines qui avaient procédé à son entrevue en 2014 avaient souligné que le fait qu’elle soit retraitée était un avantage dans sa candidature.

«Il m’avait informée qu’on pouvait faire appel à moi une ou deux fois par semaine. Il voulait être certain que je n’attendais pas après cela pour vivre. J’étais disponible quand il m’appelait, puis finalement je fais entre trois et quatre jours par semaine maintenant. Je n’ai pas de difficulté à obtenir des congés, c’est parfait comme ça», explique-t-elle.

Une exception selon le MJQ

Le conseiller en communication ajoute toutefois que ce ne sont pas tous les emplois au palais de justice qui peuvent convenir aux retraités.

«Les tâches et l’horaire conviennent davantage à leur réalité, ce qui, il est important de le rappeler, n’est pas nécessairement le cas pour les autres types d’emplois», explique Paul-Jean Charest.

Selon Johanne Marquette, son rôle d’huissière d’audience est exigeant physiquement certaines journées en raison des nombreuses marches dans le palais de justice de Saint-Hyacinthe.

«Il y a des matins où je dois faire quelques allers-retours entre la Chambre de la jeunesse et le service de greffe, c’est 42 marches à monter. Il faut être en forme quand même pour exercer les fonctions, puisqu’il faut également faire preuve de rigueur en tout temps», a-t-elle ajouté.

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