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Maladie de Lyme

Des patients accusent le réseau québécois d'être inefficace

Pascal Dugas Bourdon | Agence QMI

maladie de Lyme

Simon Clark/Agence QMI

Le Parti québécois reproche au gouvernement Couillard de laisser pour compte les patients atteints de la maladie de Lyme, qui auraient à se rendre aux États-Unis pour être soignés, alors que le ministre Barrette affirme que le Québec reste le meilleur endroit pour recevoir des soins liés à cet état.

«Les gens nous disent, nous témoignent, d'avoir rencontré 10, 20, 30 médecins et qu'il n'y avait aucun bon diagnostic. Finalement, c'est en allant aux États-Unis qu'on finit par avoir le bon diagnostic», a indiqué le député péquiste Sylvain Pagé, lors d’un point de presse, mercredi.

Selon la présidente de l’Association québécoise de la maladie de Lyme (AQML), Marguerite Glazer, plus d'une douzaine d'États aux États-Unis ont déjà passé des lois qui permettent aux médecins de soigner les gens atteints de la forme chronique de la maladie. Au Québec, la maladie serait «mal comprise et mal prise en charge par le système de santé», a-t-elle insisté mercredi.

Le Parti québécois (PQ) demande d’ailleurs au gouvernement Couillard de mettre sur pied un plan d’action pour mieux reconnaître et mieux traiter la maladie de Lyme au Québec.

La maladie de Lyme est normalement transmise par la piqûre d’une tique infectée, qui se trouve dans certaines régions boisées du Québec. Les symptômes sont divers et varient d’un individu à l’autre. Selon l’AQML, ils peuvent se manifester par des atteintes neurologiques, arthritiques, musculaires, cardiaques, psychiatriques et par la fatigue.

«J'ai parlé à des centaines de personnes atteintes de la maladie et c'est commun d'entendre qu'ils ont considéré le suicide comme solution pour mettre fin à leurs souffrances», a indiqué sans détour Mme Glazer.

Gare au «charlatanisme», dit Barrette

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a tenu un point de presse d’urgence, mercredi, afin de «remettre les pendules à l’heure».

«Le Québec dispose, sur tout son territoire, de la compétence clinique, des outils diagnostiques et thérapeutiques qui sont à niveau. Il n’y a pas un endroit sur la planète qui offre quelque chose de mieux que nous», a-t-il indiqué.

Si les États-Unis semblent offrir des diagnostics plus pertinents que le Québec, dit-il, c’est parce que certains médecins américains font de la maladie de Lyme un cas «commercial».

«Le Charlatanisme [en médecine], ça existe pour des raisons commerciales au sud de la frontière», a-t-il résumé.

Il reconnaît toutefois que le diagnostic de la maladie, sans sa forme chronique, peut être difficile puisque «les présentations peuvent être très variables, très subtiles, et tout à fait confondantes par rapport à d’autres maladies».

«Mais ce qui est flou ici est flou aussi aux États-Unis», a-t-il dit.

Pour sa part, la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, a tenu à préciser qu’un comité de surveillance de la maladie existe déjà pour suivre son évolution.

«On est déjà en action. Ce n’est pas comme si on ne faisait rien», a-t-elle indiqué.

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