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Allégations de violations des droits de l'homme

Ottawa interrompt la vente d’hélicoptères aux Philippines

Philippe Orfali | Agence QMI

Le contrat de construction à Mirabel de 16 hélicoptères Bell destinés aux Philippines a du plomb dans l’aile. Inquiet des allégations de violation des droits de l’homme par le gouvernement du président Rodrigo Duterte, Ottawa a lancé mercredi un «examen» de cet accord évalué à 233 M$ US.

Après avoir célébré en grande pompe la veille, Ottawa se ravise.

Bien qu’il l’ait d’abord nié, le gouvernement fédéral reconnaît maintenant qu’il est possible que les Philippines utilisent ces appareils à d’autres fins que celles évoquées par Bell Helicopter mardi, soit des opérations de sauvetage, de reconnaissance et de transport de passagers ou de marchandises.

L’accord intervenu entre Bell Helicopter, Ottawa et le gouvernement des Philippines a été signé en 2012, a affirmé mercredi le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne.

«À l’époque, ces hélicoptères-là [étaient destinés] à la recherche et au sauvetage. Lorsqu’on a vu les commentaires d’un dirigeant militaire de l’armée des Philippines qui indiquaient autrement, on a demandé une [révision]», a dit le ministre.

«Sécurité interne»

Ce haut gradé de l’armée philippine a déclaré qu’en plus de servir à la lutte de menaces extrémistes, les 16 Bell 412EPI commandés seront aussi «utilisés pour des opérations de sécurité interne».

​Le leader philippin mène une sanglante campagne antidrogue depuis son arrivée au pouvoir en juin 2016, qui se serait soldée par l’exécution de milliers de personnes.

Pire, le président Duterte s’est déjà vanté d’avoir lui-même jeté un criminel d’un hélicoptère en haute altitude.

«Les Canadiens savent très bien que les droits [de la personne] font partie intégrante de notre politique étrangère et commerciale», s’est défendu M. Champagne, alors que les partis d’opposition pressaient le gouvernement de mettre le contrat sur la glace depuis la veille.

Le gouvernement critiqué

Le gouvernement Trudeau a été critiqué plus d’une fois pour avoir approuvé la vente et l’exportation d’armes vers des pays accusés de violations des droits de l’homme, tels que l’Arabie saoudite.

Bell Helicopter n’a pas répondu aux questions du Journal, mercredi.

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