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Rio Tinto

Projet de 250 millions $ annoncé sous peu à Saguenay

Jean Houle | TVA Nouvelles

Rio Tinto a confirmé que son projet d'agrandissement de résidus de bauxite ira de l'avant à Saguenay. Ce projet de 250 millions $ sera annoncé d'ici quelques jours.

Le directeur-exécutif, division Atlantique de la multinationale, Gervais Jacques, caresse d'autres projets pour la région, malgré une menace américaine. «On a le financement. Il ne nous reste qu'à l'annoncer et lancer le projet», a-t-il affirmé.

Le conseil d'administration de Rio Tinto aurait autorisé la semaine dernière le coup d'envoi de l'agrandissement du parc à résidus de l'usine Vaudreuil, qui comprend aussi une usine de filtration de la bauxite.

Le projet total avoisine 200 millions $, mais avec des revenus de 3,5 milliards $ avant impôts en 2017, la division aluminium ne manquait pas d'arguments sonnants.

«On a respecté notre échéancier dans l'ensemble. Certaines étapes ont été plus rapides, d'autres plus lentes», a souligné le dirigeant.

Il s'agit d'un grand soulagement pour le syndicat, qui était confronté à la fermeture définitive de l'usine Vaudreuil, il y a 15 ans. «Dans les cartons, on parlait d'une fermeture définitive le 4 janvier 2009, a expliqué le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida, Alain Gagnon. Alors de voir un projet d'avenir comme ça, c'est une nouvelle aventure!»

L'usine Vaudreuil figure avantageusement sur l'échiquier de Rio Tinto. Elle veut augmenter de 50 % sa production de l’usine AP-60, en y ajoutant 16 cuves, avec un nouvel ampérage.

«Nous allons déposer nos demandes de certificats environnementaux au gouvernement la semaine prochaine, a précisé Gervais Jacques. Nous allons aussi entreprendre nos études pour prendre une décision en 2018.»

La multinationale garde encore en vue l'expansion de son usine d'Alma, mais place Vaudreuil en priorité.

«On regarde encore pour la phase 2 de l'usine Alma et un projet d'AP-60, mais ça viendra après Vaudreuil», a souligné le chef d'exploitation.

Tous ces projets, malgré un nuage l'horizon.

Les négociations de l'ALENA pourraient déboucher à une surtaxe américaine sur l'aluminium canadien. Sur 1,2 million tonnes de produits dans la région, 1 million sont écoulées aux États-Unis. Rio Tinto compte sur ses partenaires américains dans l'automobile pour éviter le pire.

«Il y a beaucoup d'aluminium dans l'automobile», a souligné le chef d'exploitation. «Est-ce que les gens vont accepter de payer leur automobile plus cher? Vont-ils acheter autant de F-150? Il y a 100 000 personnes aux États-Unis qui travaillent dans la transformation de l'aluminium. Il y aurait un impact.»

Mais avant que la menace ne se concrétise, Rio Tinto compte célébrer son prochain investissement au Saguenay.

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