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Quel avenir?

REM: vive déception pour les employés de Bombardier à La Pocatière

Philippe Orfali

 - Agence QMI

Exclue du projet de Réseau express métropolitain (REM) par la Caisse de dépôt et placement du Québec, la division ferroviaire de Bombardier n’aura bientôt plus de travail pour ses travailleurs québécois.

«Il nous reste un an de travail à La Pocatière. Après la livraison des trains Azur du métro de Montréal, il ne reste plus rien, pour l’instant», a reconnu sans ambages le porte-parole de l’entreprise, Éric Prud’Homme, en entrevue au «Journal».

«C’est un moment de déception, on analyse la situation», a-t-il ajouté.

La Caisse de dépôt a dévoilé l’identité des consortiums qui construiront et opéreront le REM, jeudi, et ce, après des mois de retard.

La Caisse admet qu’elle a dû repousser à plusieurs reprises le choix des consortiums, en raison des coûts proposés par les soumissionnaires qui n’étaient «pas acceptables».

C’est la Québécoise SNC-Lavalin qui ressort grande gagnante du processus d’appel d’offres. Elle figure au sein du groupe d’entreprises chargé de la construction des stations et de l’installation des rails, en plus de faire partie du tandem qui fournira les 200 voitures de train du réseau, avec Alstom.

Les firmes Pomerleau, EBC, Dragados, Aecon et Aecom font aussi partie des entreprises choisies pour bâtir les stations et les rails.

Du contenu local

En tout, «environ» 65 % du REM sera fourni par des entreprises québécoises ou des filiales d’entreprises étrangères installées au Québec, selon les calculs de la Caisse.

Mais comme la construction des voitures ne compte que pour un cinquième du projet, il est fort possible qu’Alstom, qui détient une usine en Ontario, construise les voitures ailleurs.

Plusieurs organismes et les partis d’opposition avaient pressé, sans succès, la Caisse d’inclure un minimum de contenu québécois dans le projet de REM.

Quel avenir pour La Pocatière?

Les options sont limitées pour Bombardier Transport, qui a décroché de nombreux contrats lucratifs au cours des dernières années aux États-Unis. Ces projets doivent toutefois être réalisés en sol américain pour respecter les politiques Buy American, a rappelé M. Prud’Homme.

L’entreprise a assuré avoir fait une offre très concurrentielle pour répondre aux besoins de mobilité durable de la région de Montréal.

Des efforts qui n’ont toutefois pas porté leurs fruits. C’est le deuxième contrat du genre qui échappe à Bombardier Transport en moins d’un an à Montréal. L’Agence métropolitaine de transport a en effet accordé à un groupe chinois la construction de ses nouveaux trains de banlieue.

Du côté des employés syndiqués, on tente de rester calmes face à l’annonce de jeudi. Mais le coup est dur.

«Des contrats d’envergure comme ça, il n’y en aura pas tous les jours. Les employés ont un sentiment profond de déception. On aurait été capable de consolider de bons emplois», a résumé Mario Guignard, le représentant des travailleurs de Bombardier à La Pocatière.

Couillard rassurant

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard a toutefois tenté de calmer le jeu.

«Il y aura d’autres projets pour La Pocatière, je vais veiller à ça», a-t-il affirmé.

«Je souhaite que Bombardier ait le contrat [de prolongement du métro] puisqu’il faut de la continuité avec les wagons du système Azur. [...] On sait déjà que pour la ligne bleue prolongée, le même contrat de gré à gré va s’appliquer.»

«Il y a d’autres projets encore. Comme celui de nouveau métro de la mairesse de Montréal», a-t-il poursuivi.

Des propos qui tranchent avec ceux tenus il y a quelques semaines à peine par le premier ministre, qui s’était bien gardé d’appuyer directement le projet de ligne rose.

Le REM en bref:

- Coût de construction selon la Caisse: 6,3 milliards $

- Coût total du REM, incluant certains frais exclus par la Caisse (acquisition d’infrastructures connexes, etc.): 6,9 milliards $

- Nombre d’emplois prévus pendant la construction: 34 000

- Nombre d'emplois une fois la mise en service complétée: 1000 postes permanents

- Contenu québécois prévu par la Caisse: 65 %

Des réactions

«Nous déplorons que le gouvernement n’ait pas exigé un minimum de contenu local pour le matériel roulant, malgré nos demandes répétées. Il doit dès maintenant nous dire quelle est la portion exacte de contenu local qui sera exigée pour le matériel roulant produit par Alstom», a dit Benoit Charette, porte-parole de la CAQ en matière de transports

«On va terminer la construction des trains Azur de la Société de transport de Montréal à l’automne, et après ça, nous n’avons aucun projet à long terme. Ça pourrait mener à des mises à pied, oui», a indiqué Mario Guignard, représentant des employés syndiqués de Bombardier Transport à La Pocatière, au Bas-Saint-Laurent

«Avec [...] 34 000 emplois pendant les travaux et 65 % de contenu local, en plus de l’amélioration du service aux citoyens, ce projet est une occasion exceptionnelle de faire rayonner notre savoir-faire», a dit Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du Conseil du patronat du Québec

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