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Critique

Katherine Levac à la hauteur

Raphaël Gendron-Martin | Agence QMI 

Dario Ayala / Agence QMI

Après s’être fait remarquer au petit écran ces dernières années, Katherine Levac faisait la première médiatique de son spectacle solo, «Velours», mercredi soir, au Théâtre Maisonneuve.

Pour la jeune humoriste franco-ontarienne de 28 ans, ce premier tour de piste était très attendu, elle qui a déjà écoulé 75 000 billets de sa tournée. La vedette de «Like-moi!» et «SNL Québec» n’a pas déçu avec un spectacle parfaitement à son image.

Efficace première partie

Avant de monter sur les planches, Katherine Levac a laissé la place à son complice de longue date, David Beaucage. Lui qui a coécrit les textes de «Velours», le jeune homme a livré un numéro de 10 minutes rempli de belles trouvailles. Très à l’aise sur scène, autant face à une spectatrice un peu trop bruyante que dans des personnages absurdes, Beaucage a montré le même aplomb que lors de ses passages remarqués à Zoofest, ces dernières années. Il faudra le garder à l’œil.

Textes inspirés

Quelle est la force de «Velours»? Sans aucun doute les textes. Très bien livrés par une jeune humoriste à la couleur unique, ils ont été écrits par Levac, Beaucage et Thomas Levac, avec l’aide de Marc Brunet («Like-moi!»), En l’espace de quelques secondes, on se retrouve immédiatement plongé dans l’univers de la Franco-Ontarienne, amatrice de félins et de Harry Potter. En un peu plus de 75 minutes, Katherine Levac parle notamment des quiz télé qu’elle a faits, des problèmes de sa génération, de son obsession de la perfection, de son nouveau statut de Québécoise et de son amour pour Justin Trudeau. Des histoires très drôles qui ont déridé la foule.

Aisance sur scène

Dans les premières minutes, on trouvait Katherine Levac un peu perdue sur la grande scène du Théâtre Maisonneuve, mercredi. Mais assez rapidement, la jeune femme a démontré toute son aisance sur les planches. Appuyée par la mise en scène de Sonia Cordeau («Les Appendices»), Levac est l’amie «bitch» et pince-sans-rire que l’on voudrait tous avoir. Alors que son spectacle est principalement en mode «stand-up», l’humoriste s’est lancée dans une loufoque chanson sur «les madames de 64 ans», l’un des moments forts du spectacle.

Blagues en vrac

«La souveraineté, c’est comme Michèle Richard: je sais que ça existe, mais je n’étais pas là quand c’était ¨hot¨.»

«La piscine à vagues, ç’a été inventé pour tuer du monde. ¨Et si on recréait le climat d’une tempête mortelle en haute mer, mais à Saint-Sauveur?¨»

«J’ai déjà fréquenté un gars qui était garde forestier. Sa job, c’est de... garder la forêt. Grosso modo, il fait la même job qu’un hibou.»

«Chaque matin de ma vie, j’ai récité le ¨Ô Canada¨ et fait la prière. Chaque matin, j’avais le cauchemar de Gabriel Nadeau-Dubois.»

Le verdict

Les attentes étaient plutôt grandes pour ce premier one-woman-show de Katherine Levac. Et elle s’est avérée à la hauteur. Depuis qu’on l’a remarquée au spectacle des finissants de l’École nationale de l’humour, en 2013, l’humoriste n’a jamais déçu. Sa première proposition comique est pleinement assumée et plaira assurément aux jeunes de sa génération, mais aussi aux spectateurs plus âgés. Un premier spectacle très réussi.

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