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Trop peu de temps consacré aux soins

L’opposition blâme une bureaucratie trop lourde chez les infirmières

Patrick Bellerose | Agence QMI

Les tâches connexes et la paperasse administrative empêchent les infirmières de se consacrer adéquatement au soin des patients, dénoncent les partis d’opposition.

Pour la porte-parole péquiste en matière de santé, ces tâches contribuent à l’épuisement des infirmières qui fait la manchette depuis deux semaines. «Ce sont autant de situations qui font qu’on retarde le travail essentiel pour lequel les infirmières sont là», a dit Diane Lamarre.

«Le Journal de Québec» révélait jeudi matin que seulement 53% du temps de travail des infirmières est consacré aux soins infirmiers.

Une étude qui a scruté plus particulièrement la situation en CHSLD démontre que les soignantes, dans ces établissements, doivent consacrer jusqu'à 18 % de leur temps de travail à l'exécution de tâches administratives.

Diane Lamarre souligne que le personnel infirmier «travaille encore sur du papier, comme on travaillait il y a 30, 40 ans». «Ce sont des systèmes archaïques» qui ralentissent le travail, en plus d'entraîner des risques d’erreur, a-t-elle dit.

«Il est inconcevable qu’on travaille encore avec ces fameux gros cartables», a ajouté la députée de Taillon.

«Échec libéral»

Même son de cloche à la CAQ, où l'on montre du doigt la paperasse que doivent remplir les infirmières. «Ça fait partie du problème depuis longtemps», a déploré le porte-parole de la CAQ en matière d'efficacité de l'administration publique, Éric Caire.

«C’est le plus grand échec libéral du gouvernement Couillard-Barrette, cette incapacité à libérer le temps de professionnels pour faire ce pour quoi ils sont compétents», lance-t-il.

Le député solidaire Amir Khadir perçoit lui aussi le problème dans sa profession de médecin, qu’il exerce toujours à temps partiel. «Actuellement, dans le réseau, les infirmières travaillent avec deux, trois paliers de gestion au-dessus d’elles, ce qu’il n’y avait pas avant, observe-t-il. Et pour chaque palier de gestion, il faut remplir des formulaires.»

Virage numérique

Tout comme Diane Lamarre, Amir Khadir souligne que le passage au numérique fait partie des solutions à envisager pour alléger les tâches du personnel soignant.

Interpellé à l’entrée du caucus libéral avant la période de questions, le ministre de la Santé reconnaît qu’il «faut baisser la paperasse le plus possible». «C’est la raison pour laquelle on numérise les dossiers, pour que ça aille plus vite», a dit Gaétan Barrette en évoquant le Dossier Santé Québec progressivement mis en place.

«Mais il y a des éléments administratifs qui sont incompressibles», a-t-il fait savoir.

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